Partir ou rester

Brian Gallant demeurera-t-il à la tête du Parti libéral si son gouvernement tombe après le 23 octobre?

Il serait étonnant qu’un premier ministre déchu reste longtemps sur les banquettes de l’opposition. Il serait encore plus inhabituel qu’il demeure à la tête de son parti.

Le moment politique que vit le Nouveau-Brunswick depuis le soir du 24 septembre n’a toutefois rien d’habituel. Une absence de gouvernement majoritaire, des tiers partis qui font élire plus d’un député, une Assemblée législative sans Madeleine Dubé ou Hédard Albert; rien de tout cela n’est courant au Nouveau-Brunswick.

La défaite du parti de Brian Gallant n’est toutefois pas tout à fait ordinaire non plus. À l’échelle de la province, les libéraux sont arrivés premiers dans les urnes avec 5,9% d’avance sur les progressistes- conservateurs. Un peu plus de 100 voix réparties dans les bonnes circonscriptions auraient suffi à leur accorder une pluralité de sièges à l’Assemblée législative.

La défaite, bien que réelle, n’est donc pas totale et pourrait pousser Brian Gallant à vouloir rester en poste en cas de chute de son gouvernement pour tenter à nouveau sa chance aux prochaines élections.

Il faut aussi se demander si quelqu’un d’autre au sein du caucus libéral serait en meilleure position que M. Gallant pour affronter Blaine Higgs lors du scrutin qui arrivera plus tôt que tard. Avec le départ des Victor Boudreau, Donald Arseneault et Serge Rousselle, la réponse est loin d’être évidente. Les candidats ne s’étaient d’ailleurs pas exactement bousculés aux portes lors de la précédente course à la direction du Parti libéral.

Un ou une nouvelle chef n’aurait toutefois pas à porter sur ses épaules le poids politique du gouvernement précédent. On ne pourrait pas non plus l’accuser d’avoir voulu s’accrocher au pouvoir malgré la défaite.

Si son gouvernement est défait, Brian Gallant pourrait prendre la décision de quitter la tête de son parti et même de la politique tout court. La décision de rester risque cependant de dépendre davantage de son caucus que de lui. M. Gallant ne s’est pas fait que des amis au cours des quatre dernières années et les ambitions de certains, justifiées ou non, pourrait peser lourd dans la balance.