Le personnage de Venom n’a pas connu la meilleure entrée en matière cinématographique, il y a 11 ans, dans Spider-Man 3. Le voilà maintenant avec sa propre aventure. Un film qui, malheureusement, n’apporte pas grand-chose de nouveau au cinéma de superhéros.

Pour ceux qui l’ignoreraient, Venom est un personnage de l’univers Marvel.

Il s’agit d’un vicieux extra-terrestre (un symbiote, selon la mythologie) qui doit parasiter un humain afin de pouvoir survivre sur Terre.

Une fois «possédé», l’hôte garde une partie de sa conscience, mais est forcé de devenir l’outil de la bête et de ses visées sanguinaires.

Venom a fait sa première apparition dans une bande dessinée de Spider-Man en 1988. Depuis, le premier s’est imposé comme un des plus coriaces adversaires du second.

La popularité de Venom est devenue telle qu’il s’est élevé au rang d’antihéros culte et qu’il possède sa propre série de bande dessinées qui comprend des centaines de numéros.

Le réalisateur Sam Raimi a été le premier a donner vie à l’extra-terrestre aux dents longues au cinéma (en 2007, dans Spider-Man 3).

Un scénario abject, un temps d’écran limité et une interprétation désintéressée de Topher Grace ont fait en sorte que le personnage est rapidement tombé dans l’oubli des cinéastes.

Mais c’est connu, à Hollywood, rien ou personne n’est jamais vraiment mort. L’avancée des nouvelles technologies aidant, Sony (qui détient les droits cinématographiques de la créature) a pris le pari de raconter l’histoire de Venom sans l’associer à Spider-Man.

Commercialement, le pari est réussi: le film a réalisé des recettes mondiales de 230 millions $ à sa première semaine en salle. Et si l’on se fie à la scène qui suit le générique, une suite est en préparation.

Artistiquement, c’est toutefois une autre histoire, Venom souffrant d’un grave manque de substance et de subtilité.

Venu du ciel

Convaincu que la Terre est sur le point de devenir inhabitable, le scientifique Carlton Drake (Riz Ahmed) finance des vols d’exploration spatiale.

Un de ces vols parvient à récolter des échantillons de vie, qu’il rapportera sur la Terre.

Drake voit dans ces symbiotes – des êtres gluants et sans forme – une occasion de guérir une tonne de maladies.

Le journaliste d’enquête déchu Eddie Brock (Tom Hardy) deviendra par hasard l’hôte d’un des symbiotes.

Brock découvrira alors qu’il n’est plus totalement maître de son corps, qu’il possède maintenant des pouvoirs surhumains et qu’il peut communiquer télépathiquement avec le parasite – nommé Venom.

Quand un sadique symbiote menacera d’éradiquer l’humanité, Brock et Venom seront forcés de collaborer et de faire des choix difficiles.

Pour quel public?

Venom est un peu le même animal que Deadpool. Les deux sont des antihéros dont les histoires sont racontées dans des films qui allient humour et violence extrême.

Dans le cas de Deadpool, la combinaison fonctionne puisque les gags et le carnage sont du même calibre: vulgaire et grossier.

Ce n’est étrangement pas le cas avec Venom. Les blagues – qui tournent principalement autour du fait que Brock est dépassé par les événements – sont juvéniles. Mais le niveau de violence est indiscutablement adulte.

Une situation qui entraîne de nombreux malaises et qui laisse songeur quant au public auquel Venom est destiné.

Dommage puisque dans Zombieland (2009), le réalisateur Ruben Fleischer a démontré qu’il pouvait manier l’humour noir et le sarcasme avec un formidable doigté.

Un scénario banal

Il est évident que Venom partait avec une prise contre lui quand on a su que Spider-Man ne serait pas du film.

Pas que Venom n’ait pas l’étoffe pour porter une histoire sur ses seules épaules, mais bien parce que c’est sa haine envers l’homme-araignée qui le rend si spécial.

On se retrouve donc avec un épisode de superhéros (ou d’antihéros dans ce cas) extrêmement banal et prévisible.

Vous savez, ce modèle archi usé dans lequel le personnage principal découvre ses pouvoirs, apprivoise ses pouvoirs et fait face à son ennemi juré dans une immense bataille finale?

Même la grande Michelle Williams – quatre fois nominée aux Oscars – semble s’ennuyer par moment…

Heureusement, Hardy est parvenu à trouver le bon équilibre dans son interprétation d’un bon gars dont la psyché est parfois submergée par une entité assoiffée de sang.

La relation amour/haine d’Eddie Brock avec  Venom est aussi bien illustrée.

C’est toutefois dommage que le seul aspect original et un tant soit peu philosophique de l’oeuvre occupe si peu de place dans l’orgie d’effets spéciaux et de bouffonnerie qu’est Venom.

Fiche technique: VENOM

  • En bref: Un journaliste déchu entré en symbiose avec une entité extra-terrestre tente de freiner un savant fou qui souhaite exterminer l’humanité.
  • Appréciation: Tom Hardy est très bon, mais outre des effets spéciaux réussis, Venom a bien peu de substance à offrir.
  • Version française:  Venom
  • Genre: film fantastique
  • Réalisateur: Ruben Fleischer
  • Scénario: Collectif
  • Avec: Tom Hardy et Michelle Williams
  • Budget: estimé à 100 millions $
  • Durée: 112 minutes
  • Une production des studios: Columbia Pictures, en collaboration avec Marvel Entertainment
  • ÉVALUATION (sur 5)
    • Scénario:   2
    • Qualités visuelles:      4
    • Jeu des comédiens:     4
    • Originalité:    2
    • Divertissement:   3
    • Total: 15 sur 25