Les verts à l’examen

Le Parti vert du Nouveau-Brunswick s’apprête à passer son test le plus sérieux depuis l’élection historique de son premier député en 2014. Jeudi, les trois députés verts devront voter pour ou contre le discours du Trône du gouvernement libéral.

La décision du Parti vert a peu d’importance pour l’avenir du gouvernement. Même avec l’appui des verts, l’administration Gallant va tomber la semaine prochaine à moins d’un revirement tout à fait inattendu de la part de l’Alliance des gens.

C’est pour l’avenir de leur propre formation politique que la décision de Megan Mitton, Kevin Arseneau et David Coon sera déterminante.

L’absence de gouvernement majoritaire à Fredericton représente à la fois une mer de possibilités pour le Parti vert et une montagne de responsabilités.

Lorsque M. Coon était seul dans son équipe à Fredericton et que le Parti libéral possédait une solide majorité, son opposition aux projets du gouvernement était un symbole éloquent de ses valeurs et de son unicité et rien de plus.

Cette fois-ci, la décision est plus risquée parce que le choix est mieux défini et que les options sont plus restreintes. Les verts ne peuvent plus simplement opposer au gouvernement libéral la promesse abstraite d’un hypothétique gouvernement vert dans un avenir lointain. Si Brian Gallant n’est pas premier ministre, Blaine Higgs le sera.

Devant cet état de fait, il n’y a pas de «bonne» option pour les verts. Les raisons pour voter contre le Parti libéral sont nombreuses lorsqu’on est du Parti vert, mais peuvent-ils vraiment espérer mieux de la part des progressistes-conservateurs?

Sans pouvoir l’atteindre à court ou moyen terme, le Parti vert a-t-il davantage de chance de se rapprocher de son but avec Brian Gallant ou avec Blaine Higgs?

Dit simplement, est-ce que voter contre le gouvernement qui a privatisé la gestion de l’extra-mural vaut vraiment le coup si cela signifie paver la voie à un gouvernement qui s’oppose farouchement à la tarification du carbone et qui veut ramener le gaz de schiste?

Peu importe leur décision, les députés verts auront de sérieuses explications à donner à leurs partisans. S’ils surmontent cette épreuve avec brio, les élus verts auront gagné en crédibilité. S’ils trébuchent, leur blason pourrait perdre de son lustre.