Il n’y a plus de saison

Nous sommes à peine à la mi-novembre. Pendant que la Californie brûle, la neige, un froid intense et des vents d’une violence inouïe s’abattent sur nos régions, avec coupures d’électricité et toitures qui prennent le vol. Les météorologues nous annoncent que maintenant les feux de forêt sont à craindre à tous moments de l’année et que le temps devient de plus en plus imprévisible. La vieille expression «Que voulez-vous, il n’y a plus de saison!» est devenue réalité.

Il faudrait être aveugle, pour ne pas dire innocent, pour ne pas réaliser que le réchauffement climatique est au cœur de ces changements et qu’il est temps, plus que temps, de s’y attaquer. Ou peut-être faut-il tout simplement s’appeler Doug, Andrew ou Blaine, pour ne nommer que ceux-ci.

Alors que les gens dits ordinaires s’organisent pour signer des pactes demandant que nos gouvernements s’activent pour lutter contre le réchauffement de notre planète – la seule dont nous disposons, en passant! – alors que les scientifiques de tous pays s’unissent pour clamer qu’il faut agir, nos dinosaures de service promettent de faire front commun pour lutter contre… l’impo-sition d’un prix sur le carbone!

Une mesure dont la seule chose qu’on puisse dire c’est qu’elle est, enfin!, un pas dans la bonne direction. Un pas, un tout petit pas, indispensable pour qu’on puisse commencer à canaliser nos énergies et certains revenus vers une transition énergétique.

Marchons-nous sur la tête? Ces politiciens qui prétendent vouloir préserver les emplois et les revenus sont-ils conscients, qu’à l’allure où vont les choses, plus personne d’ici 25 ou 30 ans ne se préoccupera d’avoir un emploi, tout occupés que nous serons à chercher un peu d’ombre, un peu d’abri ou un peu d’eau pour ne pas mourir «sur broil», comme le disait récemment un de mes collègues chroniqueurs de la Presse?

Je sais bien que nos sociétés sont à un moment très délicat de transition: après la révolution industrielle et la révolution informatique, voici aujourd’hui, dans l’urgence la plus totale, la révolution climatique. À la seule différence que celle-ci, soit nous l’acceptons et la traitons de front soit elle nous tuera tous. Cela ne devrait pas être difficile à comprendre!