Le Parti libéral a besoin d’un chef, mais surtout de renouveau

Tous compte fait, Brian Gallant aura pris la bonne décision. Et comme le disait si bien mon ancien patron Frank McKenna, il est plus difficile de décider de sa sortie en politique que de planifier son entrée. Car si on ne décide pas de sa retraite, quelqu’un d’autre pourrait le faire pour vous et certainement pas de la façon dont vous le souhaitiez!

En prenant le temps de réfléchir après la chute de son gouvernement, Brian Gallant se sera vite rendu compte que les deuxièmes chances sont pratiquement inexistantes dans notre système politique, d’autant plus que la défaite de son parti fut malgré un nombre de députés presque égal aux conservateurs fut cuisante.

Il quitte de façon honorable, offrant au caucus un chef aguerri pour mener les troupes libérales en Chambre et permettra en même temps au parti de se trouver un nouveau (ou une nouvelle) chef(e) pour rebâtir le parti et faire opposition aux forces conservatrices qui dirigent présentement la province.

En décidant de partir, Brian Gallant redonne en quelque sorte l’avantage de la glace aux libéraux. Il permettra au parti de Louis Robichaud de se reconnecter avec sa base, de bâtir une plateforme à la mesure d’une province en besoin de changement, et surtout, il permet aux Néo-Brunswickois d’avoir une nouvelle alternative contre Blaine Higgs, qui ne l’oublions pas a subi électoralement un rejet encore plus grand que celui qu’a connu Brian Gallant.

Rappelons-nous également que les règles régissant le choix d’un chef au Parti libéral du Nouveau-Brunswick sont parmi les plus démocratiques, puisqu’ils donnent à toutes les circonscriptions un vote égal dans le choix du chef. Cette méthode évite les situations où une partie de la province et même une circonscription peuvent décider du choix du chef. Le processus a aussi l’avantage d’impliquer des milliers de militants qui stimule à la fois les candidats et les idées. Le Parti libéral a autant besoin d’un renouveau qu’il a besoin d’un chef. Qu’on ne réagisse pas seulement devant l’éventualité d’un vote à court terme. Il est plus important pour le Nouveau-Brunswick de se voir offrir une vision à long terme que de choisir la personne qui deviendra leur chef. S’il faut passer son tour aux prochaines élections pour redonner au parti la fortitude qu’il a besoin pour rebâtir notre province, qu’on le fasse.

L’histoire est parfois lente a inscrire dans ses livres le legs d’un chef qui doit quitter le bateau dans la défaite. Elle devra cependant souligner l’importante contribution de Brian Gallant pour améliorer le sort des Néo-Brunswickois. N’oublions jamais qu’il a été celui qui a libéré notre province de la loi la plus archaïque du pays en matière d’avortement. Il a également fait avancer le dossier des garderies et redonner à notre province un certain dynamisme dans le domaine économique. Pour les militants libéraux, il convient d’être prudent, et de regarder tout droit devant. Le Parti libéral a fait de grandes choses pour notre province. Il n’en tient qu’à vous que cela continue!