Un anglophone de Saint-Jean

Le Parti libéral est à la recherche d’un nouveau chef. Même s’il est beaucoup trop tôt pour parler sérieusement des éventuels meneurs dans cette course qui n’a pas encore officiellement débuté, le profil du candidat idéal se dessine dans certains cercles.

Ce que l’on entend parfois en coulisse, c’est que le Parti libéral a besoin d’un anglophone de la région de Saint-Jean à sa tête pour percer les remparts bleus de la ville portuaire et s’emparer des multiples circonscriptions qu’elle renferme.

Il suffit d’analyser brièvement les résultats des dernières élections pour comprendre d’où vient cette idée. Le nord et l’est de la province, les régions où vivent surtout des francophones, ont voté solidement pour le Parti libéral. Le Grand Moncton aussi. Les gains que le Parti libéral peut encore espérer faire dans ces régions sont minces.

À Saint-Jean, et dans le sud-ouest de la province en général, les libéraux n’ont réussi à remporter que deux circonscriptions, dont une par la peau des dents. Dans certaines de ces régions, le Parti libéral a même fini au troisième rang.

C’est notamment pourquoi les noms du maire de Saint-Jean, Don Darling, et du député fédéral de Saint-Jean-Rothesay, Wayne Long, sonnent si doux aux oreilles de certains.

Un anglophone de Saint-Jean, ou même de Fredericton, ne risquerait-il pas d’aliéner une partie de la base électorale francophone du Parti libéral? Probablement pas, à condition que celui-ci parle moindrement le français. Les Acadiens ont déjà prouvé avec Shawn Graham et David Alward qu’en la matière ils ne demandent pas beaucoup plus que de la bonne volonté.

Au-delà de sa langue maternelle ou de son code postal, ce sont les politiques du prochain chef qui risque d’importer le plus. Afin de faire des gains en territoire conservateurs, le leader sera probablement tenté de recentrer le parti après les années passées à gauche avec Brian Gallant.

Il ne faut cependant pas oublier que les verts ont dépassé les libéraux sur leur flanc gauche dans deux circonscriptions le 24 septembre. Les succès locaux des verts pourraient donner des idées à d’autres électeurs la prochaine fois.

Anglophone de Saint-Jean ou pas, il n’y aura pas de solution facile pour le prochain chef du Parti libéral.