La nécessité d’un nouveau chef libéral bilingue

Brian Gallant, après plusieurs semaines de suspense, a finalement décidé de jeter l’éponge. Après que son gouvernement a connu la défaite lors des dernières élections et ensuite perdu le vote de confiance de la chambre sur son discours du trône, Brian Gallant devait mesurer s’il pouvait maintenir l’appui de son caucus et des membres du Parti libéral. En renonçant à ses fonctions de chef du parti, celui-ci évitera de s’exposer à une révision de son leadership lors d’une assemblée extraordinaire des membres de l’Association libérale.

Jamais, dans l’histoire politique contemporaine de la province, un premier ministre dont le gouvernement a été défait lors des élections générales n’a pu conduire son parti aux élections suivantes. Le départ de Brian Gallant s’inscrit donc dans une longue tradition. Est-ce qu’il voudra conserver son siège de député une fois que son parti aura élu un nouveau leader? On peut en douter dans la mesure où tous les anciens premiers ministres ont éventuellement remis leur démission afin de ne pas siéger à la chambre comme simple député d’arrière-ban.

Le Parti libéral doit maintenant se tourner vers l’avenir d’ici les prochains mois afin de mettre en marche le processus de sélection d’un nouveau leader qui deviendra du coup le chef de l’opposition officielle. Comme nous avons à Fredericton un gouvernement minoritaire, le temps presse.

Qui pourrait succéder à Brian Gallant? Un membre du caucus actuel ou encore quelqu’un de l’extérieur. Déjà, des voix se sont fait entendre pour que le nouveau chef puisse permettre au Parti libéral de faire des gains dans le Sud anglophone aux prochaines élections. On peut décoder ici que ça serait le tour d’un anglophone, préférablement de Saint-Jean ou de Fredericton, qui devrait prendre la tête du Parti libéral.

Ce nouveau chef devrait être bilingue puisque les libéraux non pas ménagé leur critique à l’endroit de Blaine Higgs, un unilingue anglophone. Cette perle rare devra aussi réunir plusieurs qualités. Tout en maîtrisant idéalement parfaitement nos deux langues officielles, cette personne devra faire preuve de leadership et d’une excellente connaissance de toutes les régions de la province.

Contrairement à d’autres formations politiques, le nouveau chef du Parti libéral devra obtenir pour être élu 50% du total des points provenant des 49 circonscriptions provinciales. Étant donné que chaque circonscription compte pour 100 points, le total possible de points est 4900. Le vainqueur doit dépasser la barre des 2451 points. Avec ce système d’élection, le poids des circonscriptions francophones pèsera dans la balance. À titre indicatif, le dernier chef progressiste-conservateur, Blaine Higgs, avait été élu, en 2016, lors d’un congrès à la direction où les francophones avaient brillé par leur absence.

Si les membres du Parti libéral veulent privilégier une candidature anglophone, bilingue, et pour la première fois de leur l’histoire féminine, quelques noms remontent à la surface. On peut penser à l’ancienne ministre Cathy Rogers de la région de Moncton ou encore à Suzanne Holt, candidate défaite dans la circonscription de Fredericton-Sud lors des dernières élections.