À l’œuvre!

Depuis une semaine, je réfléchis à ce qui vient de se passer en Ontario… je lis et j’écoute les commentaires. J’y trouve beaucoup d’amalgames (laissons le séparatisme québécois hors de l’équation!) et beaucoup de surenchères.

Une constatation: les Franco-Ontariens ne sont pas les seules victimes de Doug Ford. Les enfants les plus vulnérables et l’environnement en font aussi les frais. «On n’a pas l’argent», sous-entendu «pour le luxe comme les langues officielles, l’enfance difficile ou l’environnement», clame Ford. Après tout, il faut bien financer la bière à un dollar.

Bienvenue dans le populisme: le mouvement des budgets équilibrés, de l’élimination du gaspillage, de la soi-disant pratique du «gros bon sens» et de la poudre aux yeux. À bas les politiques publiques, le compromis, l’examen approfondi des problèmes! À quoi bon la mesure, le respect de la diversité, des lois et des engagements pris? Tout le monde dans le même sac unilingue, blanc, chrétien, de souche et ignare, et chacun sera heureux… et solvable. Doug Ford, en vendeur de voitures et tordeur de bras inculte, imbu de sa personne, y croit dur comme fer.

L’étroitesse d’esprit d’un Doug Ford (ou d’un Blaine Higgs) en font des causes perdues pour les engagés sociaux, les environnementalistes ou, nous, les francophones. Mais, je m’inquiète de ceux et celles qui savent que tout ça ne tient pas debout, qui connaissent les dangers de ce populisme débridé, mais qui «bossent du dos», aurait dit mon père, pour garder leur place, leur ministère, leur influence.

Des gens comme Caroline Mulroney qui, par décence, aurait dû démissionner à la suite du mini-budget en Ontario. Ces complices – le mot est choisi – sont plus dangereux que ceux qui les mènent: ils sont la pointe d’un iceberg d’égoïsme, d’indifférence et de lâcheté de la part de suiveurs qui ne veulent rien voir, rien entendre et qui, surtout, ne diront rien. Point besoin d’un doctorat en histoire pour savoir jusqu’où ça peut mener.

En attendant, pour la Francophonie canadienne au grand complet, le moment est venu de remonter au front, comme dans «le bon vieux temps»: celui de l’hôpital Montfort et de la lutte pour la gestion scolaire. On sait comment ces luttes ont fini. Attachez vos tuques!