Coupera ou ne coupera pas?

Le bilinguisme, les droits linguistiques et les Acadiens en général étaient absents du discours du Trône du gouvernement Higgs. Sachant que les progressistes-conservateurs comptent sur l’appui des députés de l’Alliance des gens pour obtenir la confiance de l’Assemblée et rester au pouvoir, cette «absence» a presque des allures de (petite et temporaire) victoire.

Une autre absence est toutefois étonnante de la part des progressistes-conservateurs: un plan pour atteindre l’équilibre budgétaire tout en réduisant le fardeau fiscal des entreprises.

Le nouveau gouvernement fait de l’équilibre budgétaire sa principale priorité et ne s’en cache pas. En théorie, l’objectif ne devrait pas être trop difficile à atteindre puisque le manque à gagner pour l’année en cours n’est que de 187,4 millions $ selon la mise à jour financière du premier trimestre.

Les progressistes-conservateurs ont cependant aussi plusieurs plans pour priver l’état de nombreux revenus. Ils souhaitent notamment éliminer l’impôt sur les petites entreprises et la double taxation foncière des biens immobiliers secondaires.

Afin d’atteindre l’équilibre budgétaire tout en renonçant à ces revenus, le gouvernement n’aura d’autres choix que de sabrer dans les dépenses, même s’il n’en est pas explicitement fait mention dans le discours du Trône.

C’est ici que la situation se corse pour le gouvernement minoritaire de Blaine Higgs. Ce genre de coupes, les gouvernements les font en général durant leur première année au pouvoir (vous vous souvenez de la fameuse Révision stratégique des programmes des libéraux?) afin de donner trois années au public pour avaler la pilule avant les prochaines élections. Le gouvernement Higgs n’a toutefois pas le luxe de pouvoir compter à coup sûr sur un mandat de quatre ans.

Ainsi, les bleus devront convaincre un autre parti, vraisemblablement l’Alliance des gens, de voter pour ces coupes. Si les alliancistes sont des conservateurs, ils sont avant tout des populistes et les véritables coupes systémiques qui font une vraie différence dans le budget d’un État ne sont jamais très populaires.

Pour l’instant, les progressistes-conservateurs se contentent de parler d’«examens» des coûteux programmes instaurés par les libéraux comme les garderies et les droits de scolarités gratuits. Le couperet va cependant finir par tomber tôt ou tard, sauf si leurs alliés les en empêchent et foutent leurs plans en l’air du même coup.