Un discours du Trône pas comme les autres

Blaine Higgs a présenté son discours du Trône, mardi dernier. On peut quasiment déjà le mettre à la poubelle. J’exagère, mais à peine.

Ce discours est pourtant un rite annuel et incontournable à Fredericton. C’est l’occasion pour le gouvernement de présenter son plan et d’annoncer toutes sortes de mesures.

Chaque fois, on sort nos loupes pour l’analyser, pour le décortiquer. On joue du CTRL+F pour voir combien de fois certains mots s’y retrouvent. On le barbouille de surligneur, on note des observations dans les marges.

Mais là, cette fois, les choses sont différentes parce que les progressistes-conservateurs n’ont pas la majorité en chambre.

Cette nouvelle réalité va compliquer la mise en oeuvre des mesures présentées la semaine dernière puisque les verts et les alliancistes ont désormais un droit de véto.

L’adoption du discours comme tel est à peu près chose certaine. L’Alliance des gens du N.-B. va l’appuyer.

À moins d’une surprise titanesque, Blaine Higgs va donc réussir là où Brian Gallant a échoué… mais cela ne veut pas dire pour autant qu’il peut activer le pilote automatique.

L’Alliance lui a offert de lui permettre de garder le pouvoir pour une période pouvant aller jusqu’à 18 mois (en se rangeant de son côté lors des votes de confiance). C’est déjà pas pire.

Kris Austin s’est tout de même gardé une petite gêne et a dit à plusieurs reprises qu’il verra pour le reste. Lui et ses deux députés prendront leur décision un projet de loi à la fois.

Cela va fort probablement donner des maux de tête au premier ministre.

Déjà, on voit qu’il risque d’avoir des bâtons dans les roues dans le dossier du gaz de schiste.

Il veut lever partiellement le moratoire sur la fracturation hydraulique (et a dit qu’il soumettra la question à un vote de l’Assemblée), mais il pourrait ne pas avoir les voix nécessaires pour le faire.

Bref, on a intérêt à ne pas oublier que l’on est en terrain inconnu et que le discours du Trône reste, veux veux pas, un itinéraire qui n’est pas du tout coulé dans le béton.