La dernière carte de Brian Gallant

En proposant un amendement au discours du Trône du gouvernement de Blaine Higgs pour y ajouter que le moratoire concernant l’interdiction de la fracturation hydraulique devrait être maintenu, Brian Gallant, a décidé de jouer le tout pour le tout. À première vue, c’est l’Alliance des gens qui risque gros dans cette manœuvre des libéraux. Kris Austin avait convaincu Blaine Higgs de ne pas inscrire dans son discours du Trône l’enjeu controversé de la fracturation hydraulique.

Un des élus de l’Alliance des gens, Rick DeSaulniers, ne veut rien savoir de la fracturation hydraulique.  Si cette question est mise au vote à l’Assemblée législative, celui-ci entend fermement se prononcer contre. Kris Austin a dit clairement que ses députés pouvaient voter librement sur les questions de non confiance, mais collectivement sur celles qui engagent la confiance de la chambre à l’endroit du gouvernement progressiste-conservateur. L’amendement des libéraux au discours du Trône n’est pas en soi une question de confiance. Les députés de l’Alliance des gens pourraient donc voter librement pour ou contre celui-ci.  Si l’amendement est adopté par une majorité de députés, le discours du Trône sera amendé pour y affirmer que le moratoire sur la fracturation hydraulique est maintenu en vigueur.

Que va-t-il se passer lors du vote de la motion pour accepter ou rejeter le discours du Trône amendé? Les progressistes-conservateurs pour rester au pouvoir vont-ils voter pour l’adoption de celui-ci? Si oui, le gouvernement Higgs devra abandonner son projet de lever le moratoire pour permettre la fracturation hydraulique sur une base régionale. Sinon, le gouvernement sera défait et des élections anticipées auront lieu si les députés de l’Alliance des gens se rangent du côté des libéraux et des verts.

Une autre option pour les progressistes-conservateurs est d’inclure un amendement au discours du Trône pour annoncer qu’un référendum sur la levée du moratoire sur la fracturation hydraulique sera tenu au cours de la prochaine année. La Loi référendaire prévoit que la question est approuvée par l’Assemblée législative.

De toute manière, des élections anticipées porteraient sur l’enjeu de l’exploitation du gaz de schiste et seraient en quelque sorte référendaires. L’Alliance des gens ferait sans doute les frais d’un tel scrutin. En effet, nous aurions dans le camp de la levée du moratoire les progressistes-conservateurs et dans celui du non les libéraux et les verts.

L’Alliance des gens qui avait lors des dernières élections joué la carte de la controverse des ambulances serait dans une situation intenable où la zizanie serait au rendez-vous dans ses rangs.

Si la stratégie des libéraux devait entraîner des élections anticipées, c’est l’Alliance des gens qui pourrait donc en défrayer les coûts. Cette formation politique qui a fait une percée électorale en prêchant le soi-disant «bon sens» concernant l’application de la Loi sur les langues officielles pourrait être complètement marginalisée dans des élections où la question de l’urne serait la levée ou non du moratoire sur la fracturation hydraulique.

Rick DeSaulniers veut-il vraiment de nouvelles élections?