La véritable transparence

La transparence fait partie de ces mots qui ont tellement été répétés ad nauseam par les politiciens de tout acabit qu’ils ne veulent absolument plus rien dire.

Résumé à son aspect le plus technocratique, la transparence en politique dépend de l’application de Loi sur le droit à l’information qui permet aux citoyens et aux journalistes d’obtenir des documents du gouvernement.

Cette loi est cependant à bien des égards le symptôme d’une maladie plutôt que la cure. En démocratie, lorsque l’on doit se prêter à un processus long et ardu pour savoir ce que fait notre gouvernement en notre nom et avec notre argent, c’est que quelque chose ne tourne pas rond.

La véritable transparence, celle qui ne se légifère pas, dépend de la volonté des politiciens de partager leur travail avec le public et de répondre à leurs questions plutôt que de se cacher derrière les relations publiques, la langue de bois et le «spin».

À ce chapitre, il y a des raisons de se réjouir ces jours-ci à Fredericton. Depuis leur arrivée au pouvoir, les membres du gouvernement progressiste-conservateur font preuve d’une ouverture avec les médias comme on n’en avait pas vu depuis longtemps dans la province.

Au cours des deux dernières semaines, le premier ministre Blaine Higgs s’est prêté à des mêlées de presse presque chaque jour après la période de questions. Ses ministres aussi.

La qualité de ces échanges avec les journalistes est également rafraîchissante. Là où les réponses étaient souvent formatées d’avance dans un jargon à l’épreuve des observateurs politiques les plus perspicaces, elles sont dorénavant spontanées et claires au point de sembler parfois presque naïves.

Assiste-t-on à une lune de miel qui se terminera tôt ou tard? Cette transparence s’explique-t-elle avant tout par l’inexpérience du premier ministre, de ses ministres et de leurs chargés des communications? Peu importe.

Pour le moment, les grands gagnants de cette nouvelle approche sont assurément les membres du public qui obtiennent plus souvent l’heure juste (via les journalistes), quitte à être en désaccord avec le gouvernement.