Après «Right fiers», «Right chers»

Les Jeux de la Francophonie 2021 de Moncton-Dieppe sont dans la tourmente. C’est tellement le bordel qu’on peut se demander s’ils auront lieu.

En gros, le budget proposé en 2015 dans le dossier de candidature était de 17 millions $. Depuis, un plan plus détaillé a été développé et la facture a été revue à la hausse, à 130 millions $.

Ce plan mis à jour a été présenté au gouvernement provincial en mars 2018, mais ce n’est que la semaine dernière que Radio-Canada a révélé cette information explosive.

La hausse vertigineuse des coûts est en soi préoccupante. Cent trente millions, c’est de la piastre en titi, surtout dans une province comme la nôtre, où les élus grattent les fonds de tiroir depuis des années.

Le fait que cette information pourtant hyper importante n’a pas été partagée à la population par le gouvernement Gallant et par les organisateurs des Jeux est aussi inquiétant.

Dans la foulée de l’éclatement de cette affaire, les organisateurs des Jeux ont publié un communiqué de presse laconique et ont fait savoir qu’ils ne feront pas d’autres commentaires.

De ma perche de chroniqueur, je vois mal comment cela pourrait suffire à calmer le jeu. C’est même le contraire.

Un lien de confiance a été brisé la semaine dernière. Et ce lien, il faudra bien plus qu’un communiqué pour le réparer.

Les organisateurs vont devoir se forcer un peu. Partager des documents, donner des entrevues, répondre aux questions. Bref, s’expliquer et faire ce qu’ils auraient dû faire il y a plusieurs mois déjà.

Faire preuve de transparence les aiderait à sauver la face et à éviter que la tenue de leur événement ne soit sérieusement mise en péril. Mais ce n’est pas tout.

Mettre cartes sur table aiderait aussi à éviter que la controverse qui touche les Jeux de la Francophonie de 2021 n’éclabousse le reste de la société civile acadienne.

Parce qu’en laissant planer le doute, les organisateurs offrent une chance en or aux francophobes de casser du sucre sur le dos de la minorité francophone et de remettre en question tout appui gouvernemental à la minorité.