«La capacité d’être dans le moment présent est une pièce primordiale du bien-être mental.» – Abraham Maslow

DRRRING! Hélas, le réveil me tire de mon précieux sommeil. Sans préavis, et à bride abattue, les pensées défilent dans ma tête et s’emparent de moi. Sans relâche. Sans pitié. Un petit nœud se forme sournoisement au niveau de mon plexus solaire. À bien y penser, ce nœud était là hier, avant-hier, avant-avant-hier…

«Kaem a un cours de ukulélé aujourd’hui… Néloé avait de la nausée hier soir; sera-t-elle en état d’aller à l’école? Ah, je dois réfrigérer la soupe – elle aura enfin refroidi. Est-ce que les poules ont de la nourriture? Oh, Kaem a oublié de placer l’instrument dans son sac à dos hier soir… Je dois acheter du lait… C’est l’anniversaire de ma mère demain… Endréos voulait que je signe son test ce matin… Des falafels pour souper peut-être? J’ai oublié d’envoyer mon rapport au travail hier soir… Quand est la réunion de comité de parents toujours? La salle de bain est plutôt sale…»

Bruit mental

Eckhart Tolle, un grand auteur sur l’instant présent, écrit: «L’incapacité à s’arrêter de penser est une épouvantable affliction. Nous ne nous en rendons pas compte parce que presque tout le monde en est atteint: nous en venons à la considérer comme normale. Cet incessant bruit mental vous empêche de trouver ce royaume de calme intérieur.» 1

Bon sang! Je suis affligée!

Comment réduire la charge mentale?

Va savoir!

Je m’essaie quand même.

Je prends conscience du brouhaha dans ma tête.

Il arrive que ce nœud séjourne plusieurs jours, à mon insu, entre mon diaphragme et mon estomac. Étant à l’écoute de mon corps, j’aurai au moins mon mot à dire. Voici le mot que je voudrais dire: halte. Halte à la folie! Je ne suis pas victime de la machinerie lourde dans ma tête!

Je laisse tomber certaines affaires.

Le monde ne va pas s’écrouler si mon fils rate un cours de ukulélé, si je me retire d’un de mes comités et si je refuse de rapporter du travail à la maison. Non, la Terre ne tourne pas autour de mes prétendues obligations.

Je délègue (avec tolérance).

Mon conjoint peut s’occuper des restes. Endréos peut se charger de me montrer ses tests après l’école. Kaem peut faire le souper (même s’il ne s’agit que de concombres tranchés). Néloé peut nourrir les poules. J’aime croire que je suis indispensable, mais l’arrogance de ce songe fait pression sur moi… et sur mon plexus solaire. Si je cessais d’exister pendant un an, je verrais que la Terre continue de tourner – même si ce n’est ni à la vitesse ni à l’angle que je désire.

Je me dresse une (courte) liste. Noter des choses me permet de désencombrer mon esprit. «Confectionner une carte pour ma mère…»

Je respire profondément, je médite ou je choisis d’être dans l’instant présent. Sans ces précieux «remèdes», je m’identifie à toutes mes pensées; elles deviennent ainsi incontrôlables. Avec ces «remèdes», je crée un hiatus dans ma tête et la lucidité se fraie un chemin en moi.

Que la paix emplisse votre esprit en ce temps des Fêtes!

Défi de la semaine

Le matin, ne redémarrez votre activité mentale qu’après avoir respiré profondément, souri et remercié la vie pour une magnifique journée. Ensuite, allez de l’avant en pleine conscience.

1 Tolle, E. (2002). Mettre en pratique le pouvoir du moment présent. Outremont: Ariane, p.2.