En avant!

L’heure est au bilan. Et il n’est pas joyeux. 2018 nous aura en effet marqués par un retour brutal dans un passé que nous avions cru révolu: celui de l’attaque de nos droits linguistiques dans un Canada, pourtant bilingue.

Je veux parler bien sûr de l’élection de Doug Ford en Ontario, puis de celle de Blaine Higgs, grâce au soutien de politiciens qu’on avait également pensé disparus: l’Alliance des gens.

Dans les deux cas, le bilinguisme, mes droits, les vôtres, ne sont que du superflu dans un monde régi (c’est ce qu’ils disent croire!) par le gros bon sens. Celui qui a fait dépenser au gouvernement ontarien plus de 100 millions $ pour renvoyer les dirigeants de sa corporation énergétique qui coûtaient 6 millions aux contribuables. Ce gros bon sens!

Nous voici donc, Acadiens et Francophones, une fois de plus dans la rue, au pied des barricades, cette fois ce n’est pas (encore) pour un hôpital ou des écoles, mais pour des services d’ambulances, un Commissaire aux services en français et pour une université promise puis reprise.

Je n’aurais jamais pensé subir un tel retour en arrière mais je suis convaincue qu’en 2019 nous aurons gain de cause, comme ce fut le cas précédemment dans notre histoire.

Mais avant que nous nous frottions tous les mains pour les luttes à venir, une petite mise en garde et un examen de conscience. Doug Ford, Blaine Higgs et Kris Austin ont été élus en partie grâce à l’aveuglement de certains d’entre nous.

Durant la dernière campagne électorale, j’ai vu des Francophones dans les rangs de l’Alliance des gens. Blaine Higgs dirige le Nouveau-Brunswick aujourd’hui grâce au bon vouloir d’un Acadien qui s’est fait élire dans ses rangs. Doug Ford a été crédible, flanqué de Caroline Mulroney et de Amanda Simard. Que cette dernière ait rapidement quitté le parti conservateur devant l’assaut infligé aux Franco-Ontariens ne fait pas d’elle une héroïne à mes yeux; cela prouve simplement qu’elle était ou très naïve ou très opportuniste au moment de se lancer en campagne. Et ne parlons plus de Caroline Mulroney.

À l’œuvre et à l’épreuve donc, puisque les circonstances ne nous donnent pas le choix, mais souvenons-nous que nous sommes, trop souvent, nos pires ennemis.