L’année 2019 marquera l’arrivée – du moins aux États-Unis – de Apple et de Disney sur le marché du divertissement en continu sur le web, ainsi qu’une très agressive offensive de DC Universe (avec des séries sur Harley Quinn et Swamp Thing, notamment). Bref, si au cours des dernières années, Netflix suffisait à l’amateur moyen pour assouvir sa soif de télévision, les choses risquent de changer énormément au cours des prochains mois…

J’aurai amplement l’occasion de vous reparler d’Apple TV, de Disney Plus et de DC Universe au cours des prochains mois.

Mais avant, jetons un coup d’oeil sur les séries les plus attendues qui seront lancées au cours des 12 prochains mois.

Les plateformes étant extrêmement nombreuses, je me suis limité aux services qui diffusent exclusivement sur le net (à l’exception de HBO, en raison de son association avec Hulu).

Je ne me suis aussi qu’attardé aux nouvelles séries étant donné que pratiquement toutes les émissions à succès auront une suite cette année (de Game of Throne à Stranger Things en passant par Brooklyn Nine-Nine, 13 Reasons Why,Veep et True Detective.

The Umbrella Academy – Netflix

Le scénariste de Fargo propose son adaptation d’une bande dessinée récompensée d’un prix Eisner avec Ellen Page et Tom Hopper. Imaginez un croisement entre X-Men et Legion.

Watchmen – HBO

Oubliez le décevant film de 2009. Le créateur de Lost, Damon Lindelof, entraîne les héros cultes du bédéiste Zach Snyder dans de nouvelles aventures.

Good Omens – Amazon

Cette adaptation d’un roman primé raconte l’histoire du diable et d’un ange qui unissent leurs forces pour prévenir l’apocalypse.

Catch 22 – Hulu

George Clooney, Kyle Chandler et Hugh Laurie promettent de briller dans cette satire portant sur un pilote de la Seconde Guerre mondiale.

The Mandalorian – Disney Plus

Créée par Jon Favreau, cette série se déroule trois ans après The Return of the Jedi et met en scène un guerrier mandalorien (race qui nous a donné Jango et Boba Fett).

Too Old to Die Young – Amazon

Le concept de la télévision tel qu’on le connaît est mort, selon le producteur Nicolas Winding Refn. Il nous présente donc cette série sur les samurais mettant en vedette le toujours excellent Miles Teller.

Utopia – Amazon

Adaptée par Gillian Flynn (l’auteur de Gone Girl), cette série raconte la découverte d’un manuscrit secret qui a prédit avec justesse les pires désastres du siècle dernier…

The Witcher – Netflix

Adaptée d’une série de nouvelles et d’un jeu vidéo ultra populaire, l’émission met en vedette Henry Cavill dans le rôle d’un chasseur de monstres.

Ce que j’ai pensé de…

The Sinner (Netflix et Amazon Prime) – Je l’avoue, j’ai jugé – très à tort – cette série par son emballage. Lorsqu’elle a été mise en ligne sur Netflix, en novembre, j’ai remarqué qu’elle était produite par Jessica Biel, qui y tient également le rôle principal. J’y ai vu là une tentative de Biel de se créer un véhicule afin de relancer sa carrière de comédienne – qui vivotait depuis une décennie environ. Quelle erreur! The Sinner raconte l’histoire d’un enquêteur (superbe Bill Pullman) qui tente de comprendre pourquoi une mère de famille (Biel) sans histoire a violemment assassiné sans raisons apparente un médecin sur une plage bondée. Biel nous offre la performance de sa carrière dans une série où les apparences sont très trompeuses et les surprises abondantes. L’ambiance et la finesse du scénario rappellent l’excellente première saison de True Detective (2014). À regarder en rafale si vous avez un peu de temps en cette période des Fêtes. (4,5/5)

The Ballad of Buster Scruggs (exclusivité Netflix) – Les frères Ethan et Joel Cohen (Fargo, The Big Lebowski, True Grit) sont les maîtres du cynisme à Hollywood. Ils en font à nouveau la preuve dans The Ballad of Buster Scruggs, un western d’anthologie tourné exclusivement pour Netflix. L’oeuvre, composée de six petites histoires distinctes, alterne entre humour, comédie musicale et drame. Mais chaque récit est d’abord et avant tout désinvolte et anticonformiste. Ce film est à la fois original et drôlement rafraîchissant. À voir pour les performances éblouissantes de Tim Blake Nelson, Harry Melling, le chanteur Tom Waits, Bill Heck, Zoe Kazan et Jonjo O’Neill. Si vous aimez l’humour noir et les paysages vierges du Far West, ce film est pour vous.  (4/5)

Killing Eve (saison 1 – Amazon Prime Video) – D’abord présentée sur les ondes de BBC en avril, cette série de huit épisodes raconte les efforts d’une obscure analyste des services secrets britannique (Sandra Oh) pour retracer une tueuse à gages (Jodie Comer) qui s’en prend à des cibles politiques. Faute de temps, je n’ai écouté que les trois premiers épisodes de Killing Eve et j’avoue être resté un peu sur mon appétit, la série ne réinventant pas le genre. Elle innove toutefois en nous immergeant dans le psyché d’une tueuse et de celle qui doit la traquer. Son humour est aussi vraiment intéressant. Il mêle le style très personnel de la Canadienne Oh (ceux qui l’ont vu dans Grey’s Anatomy savent qu’elle est parfaite dans le personnage constamment dans les nuages) et la noire absurdité si propre aux Britanniques. Comer est vraiment très bonne dans le rôle de la psychopathe totalement givrée. (3/5)

Death by Magic (exclusivité Netflix) – Je ne suis pas un grand amateur de magie à la télé (parce que c’est tout simplement trop facile de tricher). La série Death by Magic a toutefois attiré mon attention, principalement parce que le magicien Drummond Money-Coutts promettait d’explorer et de recréer des tours qui ont coûté la vie à certains de ses collègues. L’idée de remonter le temps et de vivre le quotidien des magiciens d’antan me semblait très attrayante. Je suis toutefois demeuré sur ma faim. Même si le générique de la série nous assure que tout ce que l’on voit est réel, il est évident que Money-Coutts a eu recours aux effets spéciaux et à un public bon joueur dans l’exécution de sa magie. Pour ce qui est du voyage dans le temps, il est relégué dans l’ombre de l’ego du magicien, dont le principal talent semble être sa capacité à tout ramener à son nombril. Pour les maniaques de magie seulement… (1,5/5)

BIENTÔT SUR VOS ÉCRANS

Amazon Prime Video

Informer – (11 janvier)

Amazon ne propose que deux nouvelles exclusivités en janvier, dont Informer, une série britannique portant sur le contre-terrorisme. On nous promet une série complexe et noire menée par des personnages attachants.

Nouveaux films d’intérêts:

A Beautiful Mind (1er janvier), Brazil (1er), Leave No Trace (3) et Fahrenheit 11/9 (19)

Hulu

Atlanta – Saison 2 – (1er janvier)

Donald Glover? Deux Golden Globes? Deux Emmy Awards? Atlanta, c’est tout ça, et bien plus encore. Cette série unique sur l’univers du rap est de retour pour une deuxième saison.

Nouveaux films d’intérêts:

Chicken Run (1er janvier), Cujo (1er), Inside Out (1er), Lethal Weapon (1er), Rain Man (1er) et True Grit (1er)

Netflix

Conversations with a Killer: The Ted Bundy Tapes (24 janvier)

Les «docuséries» criminelles sont la marque de commerce de Netflix et celle-ci, qui porte sur le tueur le plus célèbre de la fin du 20e siècle, risque de susciter beaucoup de réactions. La série est lancée le jour du 30e anniversaire de l’exécution de Bundy.

Nouveaux films d’intérêts:

La quadrilogie Indiana Jones (1er janvier), Pulp Fiction (1er), The Dark Knight (1er) et Ant-Man and the Wasp (29)

Le classique du mois

Qu’est-ce qui est plus divertissant qu’un film d’Indiana Jones? Quatre films d’Indiana Jones! Netflix lance l’année en grand en mettant en ligne les quatre aventures du personnage interprété par Harrison Ford. Le classique Raiders of the Lost Ark (1981), le sous-estimé Temple of Doom (1984), le brillant Last Crusade (1989) et le décevant Kingdom of the Crysal Skull (2008) seront disponibles le 1er janvier. L’occasion est donc belle de voir ou de revoir les aventures de l’archéo­lo­gue le plus célèbre du cinéma. On a ten­dan­ce à l’oublier, mais ces films sont sortis de l’imagination des deux hommes qui ont inventé le cinéma à grand déploiement: George Lucas et Steven Spielberg. Humour, action et nazis stéréotypés garantis!

Prochain rendez-vous: le 5 janvier, pour ma rétrospective télévisuelle de l’année!