La boule de cristal de Brian Gallant

Le gouvernement de Blaine Higgs risque de tomber dès le dépôt de son premier budget.

C’est du moins ce qu’a dit Brian Gallant, vendredi dernier, lorsqu’il a annoncé qu’il quittera la direction du Parti libéral plus tôt que prévu.

Cette analyse est audacieuse et me laisse un peu perplexe.

Mettons d’abord une chose au clair: Blaine Higgs est dans une situation précaire. Kris Austin, Robert Gauvin et Daniel Guitard n’ont qu’à grouiller un brin pour lui mettre des bâtons dans les roues.

Mais il faut noter qu’aucun de ces élus (ou leurs collègues) n’ont vraiment intérêt – du moins pas pour l’instant – à ce que des élections provinciales soient déclenchées dans quelques semaines.

Les ressources financières de tous les partis en ont pris pour leur rhume lors de la dernière campagne électorale. Les militants ont tout donné et les députés commencent à peine à reprendre leur souffle.

De plus, si l’on prend un peu de recul pour regarder l’échiquier politique, on constate que les quatre partis ont une chose en commun: ils se retrouvent dans une position qui pourrait être bien pire.

Les progressistes-conservateurs sont aux commandes après avoir mariné dans leur jus dans l’opposition pendant quatre ans. Quant aux libéraux, ils ont perdu le pouvoir, mais n’ont pas été complètement décimés le 24 septembre. Enfin, les verts et (surtout) les alliancistes ont une influence démesurée par rapport à leur poids réel à l’Assemblée.

Tout ce beau monde-là est-il prêt à risquer de perdre leurs acquis en remettant leur sort entre les mains des électeurs si rapidement? Je mettrais ma main dans le feu que non.

Il ne faut pas non plus oublier que Blaine Higgs et Kris Austin s’adonnent bien dernièrement. À moins d’une grande surprise, ils devraient pouvoir s’entendre pour permettre au gouvernement de faire adopter son premier budget sans trop de chichis, quoi qu’en dise Brian Gallant.

Mais bon, si j’ai appris quelque chose en 2018, c’est que tout est possible dans le petit monde de la politique néo-brunswickoise et que l’on ne doit rien tenir pour acquis. On verra bien.