Une autre année cinématographique tire à sa fin. Le moment est donc venu de faire le bilan de ce que 2018 nous a offert de mieux.

Je tiens tout d’abord à apporter une précision importante. Plusieurs des films pressentis pour l’Oscar de l’année n’ont pas encore été présentés en Acadie.

Majoritairement lancés dans un très petit nombre de salles aux États-Unis, les You Were Never Really Here, The Favourite, First Reformed, Roma, Vice, The Rider, If Beale Street Could Talk et autre Green Book devraient débarquer sur nos écrans au cours des prochaines semaines.

Puisque je ne les ai pas vues, ces oeuvres – dont on dit énormément de bien – ne peuvent donc pas faire partie de ce palmarès.

Qu’à cela ne tienne! Ce classement n’en est pas moins futile s’il vous donne le goût de voir ou de revoir ne serait-ce qu’un seul de ces films.

1) Au revoir là-haut

Ce film français est un puissant antidote à la bouillie prédigérée que nous sert beaucoup trop souvent Hollywood. Adaptée du roman du même titre décoré du prix Goncourt en 2013, cette oeuvre raconte le difficile retour à la vie civile de deux anciens soldats, dans les années 1920. Et elle déborde de poésie. Porté par une brillante performance d’Albert Dupontel, le film nous propose une histoire à la fois touchante et drôle. Le tout, dans un magnifique emballage artistique. Une oeuvre colossale.

2) A Star is Born

Que reste-t-il à dire sur A Star is Born, le film de répertoire le plus commercial des dernières années? Malgré un scénario un brin convenu, l’oeuvre devrait briller lors de la soirée des Oscars. Une dizaine de nominations ne constituerait d’ailleurs pas une surprise. L’émotion qui se dégage de la scène où Ally (Lady Gaga) entonne – à contrecœur – Shallow pour la première fois vaut à elle seule le prix d’entrée. Un rappel que, bien qu’adulées et riches, les grandes vedettes de ce monde sont d’abord et avant tout des humains.

3) Cheval indien

Peu de films m’ont autant ébranlé dans ma vie que Cheval indien. À titre de Canadien, j’ai le sentiment de vivre dans le meilleur pays du monde. Or, nos gouvernements et le clergé traînent un lourd passé d’abus envers les peuples autochtones. C’est ce que nous rappelle cette oeuvre puissante et nécessaire. Ce film ne remportera jamais de prix d’interprétation ou de réalisation. Mais il parvient à nous émouvoir et à nous conscientiser comme bien peu.

4) Mission: Impossible – Fallout

Un autre film qui ne remportera pas de prix. Mais je vous mets au défi de me nommer un film plus enlevant qui a été lancé cette année. À mon humble avis, le sixième volet de la franchise est le plus réussi, car en plus de magnifiquement doser l’action et l’humour, il est dans une classe à part pour sa cinématographie. Je n’ai pas peur de dire que certaines scènes sont visuellement plus complexes que celles de plusieurs films dont on entendra prononcer le titre lors de la soirée des Oscars… Qu’à cela ne tienne, Fallout est le meilleur divertissement de l’année.

5) Black Panther

Le 18e film de l’univers cinématographique Marvel est le croisement parfait entre Iron Man (2008) et Captain America: Civil War (2016). L’humour et l’action sont au rendez-vous, mais pour une rare fois chez Marvel, tout n’est pas totalement blanc ou noir. Ce sont ces bienvenues zones grises – et sa fierté de briser à peu près tous les clichés raciaux – qui font que Black Panther est le meilleur film de superhéros a avoir été tourné au cours des dix dernières années.

6) Bohemian Rhapsody

Bien peu de films ont autant divisé les critiques cette année. Plusieurs – principalement en Europe – auraient préféré une oeuvre plus noire, qui se serait attardée davantage aux frasques et aux problèmes existentiels de Freddie Mercury. Personnellement, j’ai tapé du pied du début à la fin. Le jeu de Rami Malek (dans le rôle de Freddie) m’a ébloui et je suis ressorti du cinéma comblé. Un film à la fois lourd et léger, qui se veut une célébration parfaite de la vie de celui qui peut être considéré comme un des plus grands entertainers de l’histoire.

7) 22 July

Peut-être le film le plus sombre de l’année. Il revient sur les événements du 22 juillet 2011, quand un sympathisant nazi a tué 77 personnes – dont 68 jeunes – lors de deux attentats terroristes distincts en Norvège. Tournée par Paul Greengrass, l’oeuvre nous rend témoins de la tuerie en plus de nous présenter les motivations du tueur et les conséquences qu’ont eues ses actes sur les familles des victimes. On ressort du visionnement frustré et révolté, plus convaincu que jamais que la violence et l’intolérance ne mènent à rien.

8) Searching

J’adore me faire surprendre au cinéma. Et ce petit film sans prétention y est parvenu avec un panache exceptionnel. L’histoire n’a rien d’original: un père qui tente de retrouver son adolescente disparue. Mais c’est la façon dont elle est racontée qui est brillante, soit sans la moindre caméra conventionnelle. On vit le récit par le biais d’images tournées à l’aide de cellulaires, de webcams et de caméras de surveillance. En prime, le scénariste nous surprend avec une finale inattendue! Un film qui gagne très sérieusement à être connu.

9) A Quiet Place

Un film d’horreur muet, il s’agissait d’y penser! C’est ce que nous offre John Krasinski (et son épouse, Emily Blunt, dans le rôle principal) avec A Quiet Place. Dans cet univers futuriste, l’humanité a été décimée par des extra-terrestres aveugles qui traquent leur proie grâce à leur ouïe prodigieuse. Les survivants doivent donc vivre dans le silence le plus complet. Les moments de tension sont très nombreux. Malgré une dernière demi-heure qui détone un peu avec le reste du ton de l’oeuvre, A Quiet Place est une expérience cinématographique unique.

10) I Remember You

Ce suspense paranormal islandais m’a jeté par terre. Non seulement s’agit-il d’un des meilleurs films du genre que j’ai vus dans ma vie (meilleur que The Ring!), mais la qualité de l’oeuvre (du jeu des comédiens à la beauté des images) n’a rien à envier à Hollywood. C’est l’histoire de deux enfants disparus et des séquelles laissées par leurs absences. Quand on regarde plus loin que le fantastique, on réalise que ce film est une très puissante métaphore sur le deuil et l’incapacité de certains à se détacher du «fantôme» des défunts. Brillant.

Et le pire…

1) The Miracle Season
2) The Crimes of Grindewald
3) La Ch’tite famille
4) Pacific Rim – Uprising
5) Predator
6) Aquaman
7) Venom
8) Deadpool 2

* Ce petit palmarès ne tient compte que des films que j’ai vus dans le cadre de mes fonctions