Et si la gauche unissait ses forces?

Quel avenir pour le Nouveau Parti démocratique du Nouveau-Brunswick? Peut-il survivre seul, sans s’unir au Parti vert?

Le 24 septembre, Jennifer McKenzie et son équipe de candidats ont mordu la poussière et pas à peu près. Ils ont récolté 5% des votes – bien moins que le score de 13% enregistré par le parti en 2014 – et n’ont fait élire aucun candidat. Ils n’ont pu profiter de la vague de mécontentement des électeurs à l’égard des deux partis traditionnels.

Le Parti vert a eu drôlement plus de succès, avec 12% des votes et trois candidats élus. Avec cette percée historique, il s’impose de plus en plus comme le pôle d’attraction des électeurs de gauche.

Cette évolution se reflète aussi dans le dernier sondage de Corporate Research Associates (effectué en novembre), où les verts semblent se rapprocher peu à peu des libéraux et des PC, avec 17% des appuis. Quant au NPD, il touche le fond du baril, avec à peine 6%.

Bref, on peut aujourd’hui se demander – plus que jamais – si la survie du NPD passe par un rapprochement quelconque avec le Parti vert.

Je ne sors pas ça de nulle part. Certains y pensent en coulisses. C’est le cas du député vert Kevin Arseneau.

En entrevue, le mois dernier, il a évoqué cette possibilité de sa propre initiative, sans que j’aborde le sujet.

«Je pense honnêtement que le NPD et le Parti vert devraient faire quelque sorte de rassemblement. Je ne sais pas sous quelle forme», m’a-t-il dit sans détour.

Évidemment, il ne faut pas s’énerver et prendre ce commentaire de Kevin Arseneau comme un engagement ferme. Il ne faisait qu’explorer de nouvelles idées à haute voix, comme il le fait souvent.

Cela démontre tout de même une certaine ouverture de sa part à unir la gauche. Reste cependant à voir si un nombre suffisant de néo-démocrates et de verts pensent comment lui et si le Parti vert – dans le contexte politique tendu actuel et alors qu’il n’a jamais eu autant de pouvoir – aura le temps ou l’énergie de se pencher là-dessus.