Kevin Vickers change la donne pour les libéraux

Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre?

– Matthieu 11 : 3

S’il n’existe pas de miracle en politique, la chose la plus près de cela pour les libéraux pourrait s’appeler Kevin Vickers. Alors que les libéraux ont terminé l’année en état de choc et passablement divisés sur l’avenir du parti, voilà que du jour au lendemain, l’intérêt démontré par l’ambassadeur du Canada en Irlande pour la chefferie libérale change considérablement la donne.

Bien certainement, tout le monde a entendu parler de cet ancien agent de la GRC devenu un héros quand il s’est servi de son arme au Parlement pour neutraliser un tireur qui venait d’abattre un militaire.

Cependant, peu de gens connaissent Kevin Vickers, originaire de Miramichi, qui a fait une carrière exceptionnelle dans la GRC avant d’atteindre la célébrité qu’on lui connaît.

Il est le fils d’un des fondateurs de la Northumberland Coop, et reconnaît que l’engagement coopératif de sa famille lui a permis de connaître un Nouveau-Brunswick ouvert au partage et au respect des autres.

Vickers comprend très vite que s’il veut faire une différence comme policier il devra être bilingue. Pour lui, cela est tout à fait naturel car sa vision du Nouveau-Brunswick comprend les anglophones, les francophones et les Autochtones. Il sera instrumental dans la résolution du conflit à Burnt Church, et sera superviseur du détachement de la GRC dans la Péninsule acadienne durant la première crise du crabe à la fin des années 1990.

Reconnu pour son franc parlé et ses qualités de rassembleur, il occupera à la GRC des fonctions importantes au niveau national où il fut responsable du service aux Premières nations. Son travail au Parlement et comme ambassadeur l’aura certainement sensibilisé aux réalités économiques et sociales de notre province.

Un commentateur politique cette semaine l’a qualifié d’étranger. À ceci, je réponds que son engagement à l’égard de son pays ne fait pas de lui un étranger, au contraire. Il est allé acquérir les compétences dont un leader aura besoin pour diriger notre province. Qui plus est, pas difficile de faire mieux que Blaine Higgs qui reconnaît lui-même qu’il n’avait jamais visité le nord du Nouveau-Brunswick avant d’être en politique. Il impressionne par sa volonté de rapprocher les communautés et fustige la coalition populiste qui nous gouverne.

Il y a loin bien sûr de la coupe aux lèvres, et il est un peu tôt pour désigner un vainqueur dans une course qui s’annonce intéressante. Vickers doit encore prouver de quel bois il se chauffe. Mais il faut reconnaître que son dossier paraît impressionnant. Son arrivée dans la course, redonne en quelque sorte l’avantage de la glace aux libéraux, qui pourront envisager maintenant la possibilité de défaire le gouvernement et de présenter de nouvelles options à la population. M. Vickers est le bienvenu dans cette lutte!

Correction : Je dois reconnaître que j’ai dit des faussetés dans ma chronique de la semaine dernière. Les sikhs de l’Alberta, de la Colombie-Britannique et du Manitoba peuvent être exemptés du port du casque de sécurité en motocyclette. Toutes mes excuses.