Les mouches du système de justice

Le silence des autorités autour de l’incident de la semaine dernière impliquant une automobiliste et une arme à feu près de l’aéroport de Dieppe est un exemple parfait de la réticence presque maladive de la police à collaborer avec les journalistes au Nouveau-Brunswick.

Quatre jours après l’événement, les détails les plus élémentaires étaient toujours inconnus en raison du refus des policiers de communiquer clairement avec les médias.

N’importe quel reporter vous le dira, il est beaucoup plus difficile d’obtenir des informations de base de la part des corps policiers au Nouveau-Brunswick qu’ailleurs au pays.

La raison qui nous est le plus souvent donnée, c’est que la police ne veut pas nuire à ses enquêtes en répondant aux questions des journalistes. Cette excuse ne tient évidemment pas la route puisque les policiers d’ailleurs semblent tout à fait capables de faire enquête tout en communiquant avec le public.

Le manque de transparence dans le système de justice au Nouveau-Brunswick ne s’arrête cependant pas aux corps policiers. L’opacité des tribunaux est elle aussi notoire.

Si aux États-Unis les caméras de télévision sont directement dans les salles de cours, au Nouveau-Brunswick, les journalistes ne peuvent même pas faire d’entrevue dans les corridors et se retrouvent à faire le pied de cru à l’extérieur des palais de justice, beau temps, mauvais temps.

Il est également à peu près impossible d’obtenir les commentaires d’un procureur de la Couronne dans la province. Pourtant, au Québec, ces représentants du ministère public s’adressent couramment aux reporters.

On associe parfois la soif des médias pour les faits divers à une espèce de curiosité malsaine. Pourtant, pour que le public fasse confiance au système de justice, celui-ci doit opérer au grand jour. La transparence est l’un des piliers d’un système judiciaire juste et équitable.

Les journalistes ne sont pas des mouches qui tournent autour du visage des policiers et des avocats dans le simple but de les importuner, mais plutôt des partenaires essentiels dans une démocratie en santé. Il faudrait s’en souvenir.