À Ottawa de jouer!

Les Jeux de la Francophonie peuvent-ils être sauvés? Des quatre partenaires financiers dans ce dossier que sont le gouvernement fédéral, la province du Nouveau-Brunswick et les municipalités de Dieppe et de Moncton, c’est le fédéral qui détient la réponse à cette question.

Depuis le début de cette saga, les municipalités de Dieppe et de Moncton ont fait savoir qu’elles n’avaient pas les moyens d’augmenter leur contribution financière, évaluée à 750 000$ chacune. Pour sa part, le gouvernement du Nouveau-Brunswick maintient qu’il peut verser un maximum de 10 millions $ pour les jeux.

Le fédéral campe sur sa position de départ à savoir qu’il est disposé à payer 50% de la facture totale des jeux.

Lorsque l’explosion du coût des jeux a été rendue publique par le nouveau gouvernement progressiste-conservateur, l’automne dernier, le ministre Dominic LeBlanc n’a pas été préoccupé par cette nouvelle. Il a expliqué que le gouvernement fédéral était disposé à défrayer 50% des coûts même si ceux-ci étaient maintenant établis à 130 millions $.

Pour sa part, le maire de Dieppe Yvon Lapierre a déclaré qu’il était choqué d’apprendre le gonflement du coût des jeux et que sa municipalité ne pouvait pas augmenter sa contribution financière.

Sachant que la ville de Dieppe a un représentant au comité organisateur des jeux, la réaction du maire Lapierre apparaît étonnante. Faut-il comprendre que le représentant de la ville de Dieppe n’a pas informé son maire lorsque le plan d’affaires est passé à 130 millions $?

Comment en sommes-nous venus à ce gâchis?

C’est le gouvernement de Brian Gallant qui a décidé de lancer la province dans cette aventure. C’est Brian Gallant qui a veillé à la nomination d’amis au comité de candidature des jeux. C’est Brian Gallant qui, comme premier ministre, a posé la candidature officielle de la province pour l’obtention des jeux. C’est le gouvernement de Brian Gallant qui a pourvu le poste de directeur général des jeux sans un concours public. C’est le gouvernement de Brian Gallant qui a nommé les représentants de la province au comité d’organisation, dont certains d’entre eux se sont avérés des amis personnels de l’ancien premier ministre.

Selon les derniers estimés présentés par le ministre de la Francophonie du Nouveau-Brunswick, le montant minimum nécessaire pour tenir les jeux est de
80 millions $ – si bien sûr, il n’y a pas de dépassement de coûts.

Tous les partis politiques à l’Assemblée législative, sauf les libéraux, qui sont enfermés dans leur silence, demandent que le fédéral augmente sa participation financière à plus de 50%. La réponse d’Ottawa est toujours la même. Pas question de ne pas respecter la politique qui veut que le fédéral contribue à la hauteur de 50% pour le financement d’événements sportifs et pas un cent de plus. Il semble plus facile de modifier la constitution!

Cette politique ne tient pas compte des capacités financières des petites provinces. En voulant privilégier le principe de l’égalité, Ottawa bafoue celui de l’équité.