12/35

Ceux qui comme moi ont suivi le débat autour du trou noir de l’assurance emploi se souviendront de réunions caustiques, parfois disgracieuses qui ont même mené à des interventions policières.

Au cours de la campagne électorale de l’automne dernier, on se rappellera particulièrement des propos du candidat Robert Gauvin dont la forte voix rugissait de façon tonitruante chaque fois qu’il le pouvait les chiffres suivants; 12/35… 12/35…, faisant allusion bien sûr aux nombres de semaines requises (diviseur) qu’il voyait nécessaires pour obtenir 35 semaines d’assurance-emploi.

À la fin novembre 2018, le porte-parole du comité d’action pour l’assurance-emploi Fernand Thibodeau qualifie de très positive une rencontre avec le vice-premier ministre et indique qu’il a demandé au ministre d’instaurer un bureau spécial avec des employés pouvant aider les bénéficiaires à se démêler dans cette difficile situation.

Coup de théâtre le mois dernier quand Thibodeau annonce soudainement qu’il démissionne du comité d’action sans donner plus de raison. Difficile pour le groupe de cacher la division qui les déchire, quand une partie de l’organisation voudrait un dialogue plus serein avec les intervenants, alors qu’une autre faction demande des interventions plus radicales et agressives.

Du côté du nouveau gouvernement provincial, aucune mention du problème du trou noir ni dans le discours du trône ou ailleurs, et ce malgré les engagements répétés de Robert Gauvin et des autres candidats de la Péninsule durant l’élection.

Voilà que la semaine dernière par le biais d’un communiqué de presse, le ministère de l’Éducation postsecondaire, Formation et Travail annonce la reprise du programme (presque exactement le même que l’an passé) tant décrié par les manifestants et les candidats conservateurs au cours de l’hiver dernier. Rappelons que le programme est entièrement financé par de l’argent fédéral et s’inscrit dans une série d’initiatives développées par Ottawa pour calmer le jeu.

Une seule phrase du communiqué attire mon attention quand il est mentionné qu’un travailleur communautaire a été embauché pour aider les saisonniers à s’y retrouver. Quelle ne fut pas ma surprise de constater que le travailleur en question n’est nul autre que Fernand Thibodeau, celui-là même qui en mars 2018 dénigrait totalement ce programme.

Robert Gauvin aurait-il acheté la paix en embauchant celui qui au cours des deux dernières années s’est le plus opposé à ces initiatives?

Alors je dis à Gauvin de remplacer son 12/35 par un nouveau slogan 15/40. Quinze pour les 15 cents la livre (sur $5.50) que l’on pourrait prélevés des pêcheurs de crabe. Quarante pour les 40 millions de livres de crabe capturés dans le sud du golfe Saint-Laurent et transformés dans les provinces maritimes en 2018. Il serait ainsi possible d’élever le salaire des 3000 employés d’usine dans l’industrie du crabe de 3$ l’heure ce qui réglerait non seulement le trou noir mais une partie importante de la pénurie de main-d’œuvre de l’industrie.

Scandons tous ensemble 15/40…15/40 !!!