Jeux de la Francophonie: et si Blaine Higgs proposait un compromis?

Les Jeux de la Francophonie 2021 de Moncton-Dieppe semblent se diriger tout droit vers un mur. À moins d’un revirement de dernière minute, ils risquent d’être annulés dès cette semaine.

Depuis le début de la crise, en décembre, Blaine Higgs répète qu’il est prêt à investir la somme promise par Brian Gallant lors du dépôt de la candidature, en 2015, mais pas un dollar de plus.

Il a essayé de pelleter ce problème dans la cour des libéraux fédéraux et s’est comporté comme s’il avait le gros bout du bâton, alors qu’il avait plutôt besoin de leur aide. Il leur a même imposé une date butoir: le 30 janvier.

Justin Trudeau et Dominic LeBlanc n’ont pas mordu à l’hameçon. Du moins pas complètement. Ils ont accepté d’augmenter leur contribution… à condition que la province fasse la même chose. Ils ont rappelé – à juste titre – qu’il s’agit d’un dossier provincial.

Parce qu’au final, il est vrai que Blaine Higgs a hérité de ce bordel et que les coûts des Jeux ont été gravement sous-estimés alors que les libéraux de Brian Gallant étaient au pouvoir.

Mais il est tout aussi vrai que c’est le Nouveau-Brunswick qui voulait accueillir ce rendez-vous international, pas le Canada. La distinction est importante.

Si les Jeux finissent par être annulés, le blâme ne pourra donc pas être entièrement jeté sur Ottawa. En tout cas, pas sans faire preuve d’un brin de mauvaise foi ou de partisanerie aveugle.

Ce qui me laisse un peu perplexe dans tout ça, c’est qu’en plus d’avoir fait preuve d’intransigeance, Blaine Higgs n’a pas saisi l’occasion de proposer une alternative en cas d’annulation.

Imaginez s’il avait promis, par exemple, de se servir des millions de dollars épargnés pour financer des initiatives diplomatiques, culturelles et sportives francophones.

C’est le genre de compromis qui aurait pu lui permettre de démontrer qu’il se soucie à la fois des finances publiques de la province ET de la vitalité de la communauté francophone.

Il est minuit moins une, mais on peut toujours rêver.