Et l’immigration, M. Higgs?

Lors de son discours sur l’état de la province, jeudi, le premier ministre Blaine Higgs a dressé un portrait sombre, mais plutôt juste, de ce qui attend le Nouveau-Brunswick dans les prochaines années en matière de démographie et de main-d’oeuvre.

«Au cours des dix prochaines années, environ 120 000 emplois seront créés ici, au Nouveau-Brunswick», a-t-il déclaré.

«Pour la première fois de ma vie d’adulte, nous aurons plus d’emplois que de personnes pour les occuper et ce sera comme ça pendant longtemps.»

On ne parle pas ici seulement du plein emploi, mais d’une pénurie de main-d’oeuvre qui pourrait faire fuir les entreprises dans un contexte où le gouvernement devra offrir de plus en plus de services payés par toujours moins de contribuables en raison du vieillissement rapide de la population.

Dans ces circonstances, il est étonnant que M. Higgs n’ait pas parlé d’immigration dans son discours devant la Chambre de commerce de Fredericton. Après tout, sans immigrants, c’est peine perdue d’essayer de combler tous ces emplois.

Les gens d’affaires, pour qui le discours du premier ministre semblait pourtant taillé sur mesure, le savent d’ailleurs très bien.

Il n’était pas non plus question d’immigration dans la plateforme du Parti progressiste-conservateur durant les élections.

Jusqu’ici, les conservateurs néo-brunswickois n’ont pas exprimé ouvertement la même méfiance que leurs cousins du fédéral ou de la Coalition Avenir Québec envers l’immigration. Il suffit toutefois d’aller faire un tour sur les médias sociaux pour comprendre qu’il existe manifestement un appétit pour ce genre de discours dans la province

L’immigration n’est pas non plus complètement absente du radar du gouvernement. Dans son discours du Trône, Fredericton rappelle que «les États qui attirent des immigrants connaissent une plus grande croissance économique» et qu’il faudra ainsi «amener des immigrants à s’établir au Nouveau-Brunswick afin de renforcer notre économie et nos collectivités».

On peut donc souhaiter que l’absence de l’immigration dans la plateforme du parti et dans le discours sur l’état de la province n’était qu’un oubli.