On est pas sorti du bois!

C’est un cadeau du ciel pour le gouvernement de Blaine Higgs que ce fiasco des Jeux de la Francophonie! En annonçant le retrait de la province de ces Jeux, non seulement il ne froisse aucun électeur de sa base politique, il rejoint également une certaine proportion de francophones qui furent surpris par les chiffres astronomiques dévoilés avant Noël sur ce dossier. Qui plus est le chef de l’Alliance ne pouvait lui non plus cacher sa satisfaction devant la mort de ce projet.

Petit à petit, le populisme prend sa place dans les officines du gouvernement.

Il est vrai de dire que les libéraux de Brian Gallant méritent une part du blâme dans ce dossier puisqu’ils ont choisi de taire les chiffres connus depuis mars. Pire encore, les libéraux ne semblent pas encore revenus de leur défaite et encore moins de leurs vacances de Noël. Pas un mot sur ce dossier ni sur les autres sujets qui méritent notre attention.

Une fois les libéraux blâmés, il convient de dire que le gouvernement conservateur doit assumer l’entière responsabilité de sa décision. Blaine Higgs avait d’autres options que celle qu’il a choisie. Il aurait dû ouvrir un dialogue avec Ottawa et lui fournir des formules alternatives. Le gouvernement fédéral a raison de dire que c’est la province elle-même qui a postulé pour les Jeux et que c’est donc au gouvernement provincial de fournir un plan de relance, ce qu’il n’a pas fait. On peut facilement croire ici que Higgs n’a jamais voulu de cet important événement.

Ce qui est davantage inquiétant dans cette histoire, c’est la méthode cavalière avec laquelle Higgs a agi dans ce dossier. Rappelons-nous que toutes les décisions qu’il a prises depuis son accession au pouvoir n’ont été que des annulations. On annule des projets d’infrastructures tels la route 11 et le Musée du Nouveau-Brunswick, on annule des constructions scolaires et d’édifices publics, on annule les directives de bonnes nutritions dans les écoles. On tente maladroitement d’annuler les droits des francophones (ce qui serait arrivé, n’eût été l’intervention de Bernard Lord). Cependant, rien de proactif. Aucune nouvelle initiative.

Si à court terme, les politiques négatives répondent à l’appétit des électeurs populistes de droite, elles auront l’effet contraire quand on réalisera le vide créé par l’absence de politiques progressistes par ce gouvernement. Il n’y a absolument rien de bon pour les francophones dans tout ce que fait ce gouvernement.

D’abord, reconnaissons que Blaine Higgs est le plus mauvais des négociateurs que la province ait eu comme premier ministre. Il considère le gouvernement fédéral comme notre ennemi alors que nous en avons besoin plus que jamais. Plus inquiétant encore, si on doit reconnaître que Higgs est loin d’être dépourvu d’intelligence, il faut admettre que celle-ci est étroite, absente d’un sens critique et sans culture générale. S’il sait lire une colonne de chiffres, il gagnerait à améliorer ses connaissances en lisant des ouvrages comme L’Acadie perdue, de Michel Roy, et Discours aux électeurs de Bristol, d’Edmund Burke, le père du conservatisme moderne.