Dur, dur de trouver un nouveau chef

C’est le 22 juin, à Saint-Jean, que sera élu le nouveau chef du Parti libéral du Nouveau-Brunswick. Déjà certains des candidats pressentis pour prendre part à cette course à la chefferie ont jeté l’éponge.

C’est notamment le cas de Susan Holt qui estime que ce n’est pas un bon moment dans sa vie pour se lancer dans cette aventure. Wayne Long, député libéral de Saint-Jean, préfère chercher à se faire réélire lors de l’élection fédérale d’octobre prochain. D’autres comme Kevin Vickers seraient en réflexion. Seul René Ephestion, le directeur général de la Maison Nazareth, a annoncé sa candidature.

Au niveau fédéral, il faut se rappeler que le Parti libéral a dû s’y prendre à trois reprises avant de trouver la perle rare. Stéphane Dion et Michael Ignatieff ont tous les deux mordu la poussière face à Stephen Harper. La troisième fois aura été la bonne avec l’élection de Justin Trudeau.

Au Québec, on peut rappeler que les libéraux ont été obligés d’aller chercher Jean Charest à Ottawa. Il était à ce moment le chef du Parti progressiste-conservateur du Canada. Le Parti québécois a, quant à lui, jeté son dévolu sur Lucien Bouchard, un autre ministre progressiste-conservateur dans le gouvernement de Brian Mulroney.

Comme les libéraux de Brian Gallant n’ont pas pu faire élire beaucoup de candidats dans les régions du Sud-Ouest de la province et de Fredericton, lors des dernières élections, certains croient qu’un nouveau chef anglophone et bilingue pourrait permettre au Parti libéral de reprendre le pouvoir. Le défi pour ce chef sera de faire une percée dans les circonscriptions majoritairement anglophones, tout en maintenant les acquis dans celles majoritairement francophones.

Le mode d’élection du chef libéral se démarque de celui utilisé par les progressistes-conservateurs pour élire Blaine Higgs. Il faut se rappeler que très peu de francophones ont pris part au choix du chef progressiste-conservateur à l’automne 2016 et qu’un très petit nombre ont donné leur appui à Blaine Higgs.

Pour devenir le prochain chef libéral, le candidat gagnant devra avoir des votes dans l’ensemble de la province. En effet, chacune des 49 circonscriptions a une valeur de 100 points. Les membres devront lors du vote donner leur préférence pour chacun des candidats. Le gagnant sera celui qui aura obtenu 4900 points plus un provenant des 1ère, 2e, 3e, etc. préférences.

Le vote francophone ne pourra être ignoré avec ce mode de scrutin. Comme 16 des 49 circonscriptions sont majoritaires francophones et que 5 autres regroupent plus de 20% d’électeurs francophones, il semble évident qu’un candidat unilingue anglophone n’aurait à peu près aucune chance d’être élu le prochain chef du Parti libéral.

Les progressistes-conservateurs n’ont pas tenu compte de la dimension bilingue du Nouveau-Brunswick lorsqu’ils ont élu Blaine Higgs. Les libéraux ne peuvent pas faire la même chose. Leur nouveau chef devrait maitriser les deux langues officielles de la province. Ce critère apparaît incontournable.

Pour reprendre le pouvoir, les libéraux devront également trouver un chef qui saura séduire.