Bonjour la Jiffy!

J’en suis à ma troisième semaine de travail (sur dix, en principe) à la Jiffy de Pokemouche.

Comme des dizaines d’autres, j’ai répondu à l’annonce encadrée dans l’Acadie Nouvelle. J’ai envoyé mon CV par courriel et ensuite, j’ai complètement oublié. Quelques jours plus tard, je recevais l’appel.

Les semailles arrivent, les commandes abondent. Le déménagement de l’usine de Shippagan à Pokemouche accuse du retard. Il faut compenser avec une ligne d’assemblage manuel, d’où l’embauche de travailleurs et de travailleuses temporaires.

Première constatation: une amélioration de 200% dans les conditions de travail par rapport à une usine d’apprêtage du poisson. À presque 15$ l’heure, le salaire Jiffy est équitable, je dirais. À ce compte-là, le salaire devrait commencer à 22$ l’heure dans les usines de pêche, du fait de conditions de travail plus exigeantes et inconfortables.

J’ai toujours pensé que j’aimais ce type de travail répétitif et rythmé. Au bout de trois jours à la Jiffy, j’ai pensé que je devrais me guérir de cette illusion une fois pour toutes. Mais toute la mécanique de l’affaire tient bon, alors je continue. Le principal: éviter, en travaillant, les fixations sur le temps.

Je ressens du plaisir et je trouve du confort, voire du sens, dans le ronron, le synchronisme et jusqu’au sceau de production d’une usine. La Jiffy, une usine «de marque» dans notre cour!

Non, je ne réalisais pas ce que cela pouvait vouloir dire. Maintenant je le vois. Fantastique! Un bijou à chérir. Beaucoup de personnes pourraient y trouver leur compte. Beaucoup l’ont déjà fait.

Il n’est pas anodin non plus de participer à la fabrication d’un produit utile, plutôt favorable à la nature.

Non seulement les produits Jiffy font partie du reverdissement de la planète, ils mettent en valeur nos tourbières…

Des personnes de tous les âges et de tous les gabarits ont répondu à l’appel. Si quelqu’un avait du temps et de l’énergie, une étude «snapshot» des quelque 75 personnes embauchées fournirait un intéressant portrait de la Péninsule acadienne aujourd’hui.

On peut toujours souhaiter…