Un grand niveau d’incompétence à la direction de notre province

Compte tenu de mes antécédents politiques, je fais des efforts constants depuis octobre pour m’élever au-dessus de la mêlée et d’offrir aux lecteurs une vision moins partisane de la situation politique au Nouveau-Brunswick. Mais avec Blaine Higgs, je m’excuse, j’en suis incapable!

Je tente désespérément depuis plusieurs mois de trouver suffisamment de bonnes choses à dire sur le premier ministre pour remplir une chronique, mais hélas je n’y arrive pas. Encore cette semaine, alors qu’il allait colporter ses ragots au bureau du premier ministre Trudeau, je n’arrivais pas à croire que nous en étions rendus à un tel niveau d’incompétence dans la direction de notre province.

D’abord il fait preuve d’une étrange contradiction quand il fait l’éloge d’une révision de la péréquation alors que sa province est avec l’Île-du-Prince-Édouard celle qui en reçoit le plus (par citoyen). Ensuite il se targue après à peine deux mois au pouvoir d’avoir déjà éliminé le déficit alors que dans les faits il n’a absolument rien fait pour que cela ne se produise. Le déficit fut éliminé, par accident peut-être, par le précédent gouvernement l’an passé.

Tous les économistes le diront, c’est le contexte d’une péréquation améliorée ainsi que l’activité économique provoqué par les investissements en infrastructure qui a fait le travail. Ajouter à ceci les trois mois de paralysie du gouvernement et vous verrez bien que la situation n’a rien a voir avec la nouvelle administration.

M. Higgs a décidé que le gouvernement fédéral serait son ennemi. Il a tenté cette semaine de nous convaincre que la plus grosse menace qui pèse sur notre province est la taxe du carbone, dont le principal payeur serait ses anciens patrons les Irving. Il a commis une erreur grave en arrêtant les travaux du jumelage de la route 11 dans le comté même du ministre responsable des relations avec la province Dominic LeBlanc.

Bien sûr on peut questionner l’implication d’un ministre fédéral dans les campagnes provinciales, mais les libéraux n’ont rien inventé, c’est plutôt à Percy Mockler que revient le crédit d’avoir perfectionné ici ce genre de magouille. Une première dans l’histoire de la province, le gouvernement Higgs refuse l’argent du fédéral, qui par ricochet aura un impact sur toutes les municipalités de la province. On n’a certainement pas les moyens de se priver de l’argent d’Ottawa!

La grandeur d’un chef de gouvernement repose dans sa capacité de mettre les intérêts de sa province avant les idéologies politiques qui motivent son engagement. Pour M. Higgs, le simple fait de se joindre à des leaders ultraconservateurs comme Doug Ford et Andrew Scheer témoigne largement de son incapacité à mettre en priorité sa province et son gouvernement.

Je répète pour une troisième fois l’importance pour les progressistes-conservateurs de redonner à leur parti la dimension sociale et communautaire véhiculée par les leaders précédents. La relation du gouvernement de Richard Hatfield avec celui de Trudeau père et LeBlanc père confirme qu’avec un esprit ouvert, on peut arriver à s’entendre. D’autant plus que dans le contexte d’une année électorale à Ottawa, les Trudeau et LeBlanc de la présente génération apparaissent tout à fait disposés à mettre l’épaule à la roue.