Soignés à grands coups de genoux au visage

Des patients tabassés, maltraités et négligés par des membres du personnel. Des employés qui font régner la loi du silence. Un manque criant de bras pour offrir des soins psychiatriques adéquats.

Tout ça chez nous, au Centre hospitalier Restigouche. C’est ce qu’a dénoncé l’ombud du Nouveau-Brunswick dans un rapport-choc dévoilé jeudi.

Deux jours plus tard, un patient du CHR est décédé «de manière inattendue». La GRC et le coroner mènent des enquêtes.

Y’a pas trente-six façons de dire les choses: il faut que Vitalité et le gouvernement provincial se déniaisent. Et au plus sacrant à part de ça.

Ces développements ont eu l’effet d’une douche froide. Ils nous ont rappelé qu’on a encore pas mal de chemin à faire en matière de santé mentale.

On aime se donner des tapes dans le dos et se dire que l’on gagne petit à petit la guerre contre la stigmatisation en causant pour la cause.

On rêve du jour où l’on pourra enfin dire à nos amis et à nos collègues que l’on souffre de dépression ou d’anxiété sans risquer d’être ostracisés.

Le hic, c’est que l’on s’arrête souvent là. On ne parle pas assez de l’accessibilité et de la qualité des soins en santé mentale offerts dans le système public.

Demander de l’aide, c’est très bien…mais toujours faut-il que les ressources soient là. C’est là que le bât blesse trop souvent au Nouveau-Brunswick.

Il ne faut pas croire qu’il n’y a que la crise au CHR – où se ramassent certains des plus amochés d’entre nous – qui mérite notre attention.

Les gens qui ne détiennent pas d’assurance privée doivent souvent attendre pendant des mois avant de rencontrer un psychologue. Ils risquent ensuite d’être ballotés d’un professionnel à l’autre.

La stigmatisation, parlons-en. Mais ayons le courage d’aller plus loin.

Parce que la maladie mentale, ça ne se traite pas tout seul.

Certainement pas en faisant poireauter les patients pendant des mois ou en les maîtrisant à coups de genoux au visage dans un couloir du CHR.