La diplomatie de la SNA

La célébration du 50e anniversaire de la rencontre de la délégation de quatre Acadiens avec le président Charles de Gaulle, en 1968, a permis de souligner l’importance de cet événement pour l’Acadie.

Comme l’Acadie n’est pas un État et n’a pas non plus de gouvernement, la consule générale de France à Moncton et à Halifax a montré comment la diplomatie française avait composé avec la reconnaissance de la singularité de l’Acadie par la France.

La volonté personnelle du président de Gaulle de vouloir ces retrouvailles historiques a permis à l’Acadie de bénéficier de la bienveillance de la République française pour contribuer à son développement culturel et éducatif. De nombreux coopérants français ont été déployés comme professeurs auprès de la toute jeune Université de Moncton et d’autres comme journalistes au quotidien L’Évangéline.

Le journal va également recevoir de nouvelles presses de la France. Des milliers de livres seront distribués dans les écoles francophones de la province.

Tout cela s’est fait en parfaite harmonie et en accord avec les autorités fédérales canadiennes et le gouvernement du Nouveau-Brunswick.

u fil des années, des relevés de conclusions ont été signés entre la Société Nationale de l’Acadie (SNA) et le gouvernement français, par l’entremise du ministère français des Affaires étrangères.

Pour nourrir ces relations privilégiées et non conventionnelles, au regard des règles diplomatiques qu’entretiennent les États et les gouvernements, une délégation de la SNA se rendait régulièrement en France à cet effet.

Cette mission était préparée soigneusement avec la collaboration du consulat général de France à Moncton et à Halifax. Le programme de la visite était validé par le ministère français des Affaires étrangères et ensuite communiqué à l’Ambassade du Canada en France.

C’est en toute transparence que la délégation de la SNA rencontrait des élus de l’Assemblée nationale et du Sénat de même que des maires.

Un diplomate de l’ambassade canadienne à Paris assistait à ces rencontres à titre d’observateur. Afin de s’assurer de la mise en œuvre du contenu du relevé de conclusion, la SNA avait aussi des réunions de travail avec des hauts fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères.

Un coup d’œil sur le communiqué de la dernière mission de la SNA en France, en janvier dernier, permet de constater que le niveau des contacts s’est effiloché singulièrement. Aucune rencontre avec des élus et des hauts fonctionnaires français a été à l’ordre du jour. Comme la SNA est membre de la Conférence des OING de la Francophonie, il est étonnant qu’aucun dirigeant de cet organisme ne figurait dans le programme de visite. D’autant que l’OIF a élu récemment une nouvelle Secrétaire générale.

«Stimuler l’exportation culturelle ainsi que l’immigration francophone vers l’Acadie» est fort louable. Toutefois, il est désolant que les 50 ans de relations privilégiées de l’Acadie avec la France soient relégués au second rang. La SNA devrait renouer avec sa mémoire institutionnelle qui s’est enrichie au fil du temps. Sinon, elle deviendra une autre organisation acadienne parmi d’autres.