«Désormais, la plus haute, la plus belle performance que devra réaliser l’humanité sera de répondre à ses besoins vitaux avec les moyens les plus simples et les plus sains.» – Pierre Rabhi

Manger local? Ici au Nouveau-Brunswick? Il s’agit là de toute une entreprise. Comme ma grand-mère disait: pousse mais pousse égal! Où peut-on dénicher de fraîches baies locales alors qu’il fait un froid de canard? Comment s’emparer de nourrissants légumes-feuilles d’ici tandis que la neige grimpe jusqu’aux toits? Oh là là!

Hélas, je n’ai pas de réponses faciles à ces laborieuses questions. Je peux toutefois offrir des pistes qui nous permettent d’être plus locavores, c’est-à-dire de manger des aliments produits localement en vue de favoriser le développement durable. Lorsque nos aliments proviennent de loin (Californie, Maroc, Nouvelle-Zélande), il est valable de considérer le carburant que le transport exige et, par conséquent, l’émission des gaz à effet de serre. De surcroît, cela comprend souvent plus d’emballage, plus d’entreposage et plus de commercialisation.

Lavallée, nutritionniste soucieux de l’alimentation durable, écrit: «Le système agroalimentaire actuel est tout sauf durable et il est totalement inefficient d’un point de vue énergétique. On dépense plus d’énergie pour produire, transformer et transporter les aliments qu’ils n’en contiennent eux-mêmes.» 1

Quelques pistes de réflexion ou d’action

  • Fréquenter les marchés. Certains sont ouverts à l’année; on peut donc actuellement s’approvisionner en miel, sirop d’érable, conserves, confiture, viande, poisson, légumes racines, etc.
  • Revoir les règlements municipaux. Les municipalités autorisent de plus en plus l’élevage urbain de poules. Quoi de mieux que des œufs frais à quelques mètres de la maison?
  • Savoir que plus un aliment est frais, plus il est nutritif et savoureux.
  • S’informer auprès des poissonneries et des boucheries. Ainsi, on sait quels produits proviennent du terroir.
  • Visiter les microbrasseries et les distilleries. On peut conserver ses bouteilles et refaire le plein la prochaine fois.
  • Stimuler l’économie locale.
  • Choisir des aliments locaux biologiques. Lorsque cela est possible, c’est le summum.
  • Privilégier les restaurants qui utilisent des ingrédients locaux.
  • Manger selon les saisons.
  • Jardiner. Les pousses – qui sont d’une densité nutritive étonnante – peuvent se cultiver à l’intérieur en hiver. On peut aussi planter des semis qui déménageront au potager dans quelques mois. En été, les enfants pourront récolter de bons légumes, y compris des carottes aux formes insolites: fous rires assurés.
  • Comprendre concrètement d’où proviennent ses aliments.
  • S’inscrire à un programme d’agriculture soutenue par la communauté (ASC). Durant la saison de production, on profite d’un panier hebdomadaire de fruits et légumes variés, tout en soutenant les agriculteurs: tout le monde y trouve son compte.
  • Planifier ses visites d’autocueillette. On apportera ses contenants (ou ses sacs) pour les remplir de fraises, framboises, rhubarbes, groseilles, cerises, bleuets, poires, pommes, citrouilles, etc.
  • Attendre les pissenlits avec impatience. Y a-t-il plus grande expression de locavorisme que de manger des aliments sauvages? Au fait, les pissenlits ont une très haute valeur nutritive. Et pourtant, on blasphème contre elles, les considérant comme de «mauvaises herbes»!

Mangeons local plus souvent!

Défi de la semaine: Apportez un changement à vos provisions alimentaires. Il y a des preneurs pour des sauterelles rôties?

1 Lavallée, B. (2015). Sauver la planète une bouchée à la fois. Montréal: Les Éditions La Presse, p.15.