Bye Bye la Jiffy!

En fin de compte, cet emploi temporaire à la Jiffy de Pokemouche prendra fin quelques semaines plus tôt que prévu.

Le salaire de 15$ l’heure et la possibilité de faire beaucoup de surtemps (à 22.50$ l’heure) fut certainement un incitatif intéressant pour les travailleurs. L’effort a permis à la Jiffy de combler son rattrapage en sept semaines au lieu des dix annoncées au début.

Personne ne leur en tient rigueur, à ce que je sache. Ceux et celles qui souhaiteraient demeurer à la Jiffy sont encouragés à postuler pour l’un ou l’autre des 20 emplois présentement affichés.

J’accueille avec soulagement la nouvelle de la fin prématurée de mon emploi. Travailler ainsi – quelle affaire! Entre les intempéries de saison et les quarts de travail différents chaque semaine, rien ne se fait automatiquement. Il me semblait que j’étais toujours en mode ajustement. Je serai bien contente de retrouver mon propre rythme et mes affaires, et de penser à mon aise.

Nous avons l’impression que pendant que le corps travaille comme ça, machinalement, l’esprit, lui, est libre de divaguer. Mais ce n’est pas le cas. Trop de divagation brise le rythme, la concentration est absolument nécessaire. Par contre, l’aspect agréable de ce genre de boulot n’est pas négligeable: il n’y a pratiquement aucune décision à prendre. Tout a déjà été pensé, il suffit d’exécuter.

Et puis il y a les gens côtoyés pendant ces 5 ou 6 semaines, ceux et celles de notre groupe, que nous suivons d’un tour de service à l’autre depuis le début, prenant pauses et repas ensemble. Situation sociale ambigüe: c’est un peu l’anonymat, les gens n’ont pas de prétentions, ils savent pourquoi ils sont là, ne s’attendent pas à mer et monde… (ha! jolie expression – difficile de posséder et la mer et le monde?)

Mais au fil des semaines des liens se créent, l’âme du groupe coagule et on développe malgré nous un sens d’appartenance. Cela sensibilise. Je co-existe.

Oui, envoyer les intellectuels aux champs pour leur «rafraîchir» les idées, j’y crois un peu. L’essentiel: que ça ne dure pas trop longtemps!