Le pays de la discorde

Il subsiste en ce pays quelque chose comme une odeur de soufre sur la scène politique nationale.

Malgré le fait que l’économie soit à son meilleur depuis une génération et que le Canada est virtuellement en situation de plein emploi, le gouvernement libéral de Justin Trudeau peine à naviguer dans des eaux calmes et cela depuis maintenant plus d’un an.

Tout a commencé par ce désastreux voyage en Inde l’hiver dernier quand notre premier ministre s’est fait ridiculiser par les médias du pays devant le désastre que fut ce voyage. Et si la guigne s’était terminée avec ce périple; mais hélas non, le gouvernement est incapable de se tenir la tête hors de l’eau devant une série de problèmes, le dernier étant celui de sa ministre de la justice dans le dossier SNC-Lavalin.

Malgré plusieurs bons coups, le gouvernement Trudeau arrive difficilement à garder le cap sur son propre agenda. Du Nouveau-Brunswick, on constate que l’équipe Trudeau a accompli beaucoup depuis quatre ans. Plus généreux que le précédent gouvernement, ses députés travaillent dur à défendre les leurs.

Que diantre s’est-il passé pour en arriver là? Précisons d’emblée que le vent de populisme qui s’est levé sur la planète n’est pas passé inaperçu ici au Canada. Les gouvernements de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick, des alliés inconditionnels du gouvernement Trudeau ont été remplacés par des gouvernements dont le populisme rébarbatif ne fait pas de doute, et laisse souffler sur le pays cette vague de mal-patience dont le gouvernement saurait se passer. C’est comme si quelque part, les Canadiens ne parviennent pas à s’entendre sur rien. En Colombie-Britannique on attaque le gouvernement fédéral parce qu’il veut construire un pipeline, en Alberta on le dénigre pour les raisons contraires, et voilà que le Québec s’en mêle en disant ne pas vouloir du pétrole sale de l’Alberta, alors qu’ils profitent de la plus grande part de la péréquation en grande partie à cause de ce pétrole sale!

Le populisme qui s’exerce disons-le aussi bien sur la gauche que sur la droite est un mouvement politique qui par le biais de messages très forts fait appel aux sentiments antiélites et antisystème. On prétend parler aux gens ordinaires en leur laissant croire que tous ceux qui les dirigent complotent contre eux, que nos taxes sont inutiles et mal dépensées, et que les immigrants sont en train de nous ruiner, ce qui est tout à fait le contraire.

Il ne faut surtout pas oublier que la gauche aussi cultive son populisme. Québec Solidaire qui croit que tout devrait être gratuit et que seules les grosses corporations devraient payer des taxes, est un bon exemple de populisme de gauche.

Historiquement, les Canadiens aiment bien élire des gouvernements qui dirigent au centre, mais avec les abus de Stephen Harper, les libéraux ont jugé bon en 2014 de faire un virage serré vers la gauche. On ne doit pas espérer non plus beaucoup des conservateurs d’Andrew Scheer dont l’idéologie se nourrit de la droite populiste.

Il reste beaucoup d’espace au centre sur notre échiquier politique. Quelqu’un devra l’occuper d’ici aux prochaines élections; ça presse!