SNC-Lavalin… de kessé?

L’affaire SNC-Lavalin continue de faire couler beaucoup d’encre. Mais plus ça va, plus je me demande si elle risque réellement de nuire à Dominic LeBlanc, Ginette Petitpas Taylor et compagnie.

Mettons d’abord une chose au clair; le roman-savon hyper chaotique qui se joue dans les médias n’est pas bon pour Justin Trudeau. Au contraire.

Mais comme les partis d’opposition ont toute la misère du monde à l’exploiter à son plein potentiel, on peut se demander quels seront les impacts réels de cette controverse sur les prochaines élections fédérales. Surtout ici, au Nouveau-Brunswick.

J’ai peut-être manqué quelque chose, mais il me semble que ni les conservateurs ni les néo-démocrates ne semblent avoir trouvé le moyen d’expliquer clairement aux électeurs pourquoi ils devraient prêter attention à tout ça.

On parle de question de pressions inappropriées pour que SNC-Lavalin – une gigantesque entreprise québécoise qui emploie des milliers de personnes – évite un procès au criminel.

Comme c’est souvent le cas lorsqu’on parle d’éthique, ce n’est pas un scandale facile à «vendre».

Andrew Scheer et Jagmeet Singh ne peuvent pas simplement pointer le doigt et dire «AH! HA! Voyez comment Justin Trudeau et ses amis s’en sont mis plein les poches / vous ont menti / sont des crapules».

Cela me rappelle un peu l’affaire Peter Andrews, qui a retenu l’attention au Nouveau-Brunswick, en 2014. Si ça ne vous dit rien, c’est tout à fait normal. C’était pourtant LE sujet politique de l’heure à l’époque.

Ce fonctionnaire provincial avait été accusé d’entrave à la justice dans un dossier impliquant le frère du vice-premier ministre, le progressiste-conservateur Paul Robichaud.

Cela aurait normalement dû donner des munitions aux libéraux, mais c’était peine perdue, tellement c’était difficile à suivre. Au terme d’un procès très attendu, Peter Andrews avait été reconnu non coupable.

Au final, je me demande si l’affaire SNC-Lavalin ne va subir le même sort, entreposée dans un coin poussiéreux de notre mémoire collective et très loin des préoccupations des électeurs.