Des jeux à tout prix?

La saga des Jeux de la Francophonie n’a pas encore trouvé un dénouement puisque l’Organisation internationale de la Francophonie compte relancer le processus de sélection d’une nouvelle ville pour tenir ceux-ci.

Après que le Nouveau-Brunswick ait jeté l’éponge, en raison de l’explosion des coûts qui sont passés de 17 millions $ à 130 millions $ pour être estimé, comme par magie, à 62 millions $ par le comité national organisateur des jeux, tous les regards se sont tournés vers Sherbrooke.

Il faut rappeler que Sherbrooke avait terminé deuxième, dernière Dieppe et Moncton, lors du concours pour sélectionner la ville hôtesse des jeux de 2021. À cette époque, Sherbrooke avait soumis un plan d’affaires estimé à 52 millions $. Après que le maire de Sherbrooke ait indiqué que sa ville n’était plus intéressée à organiser les jeux de 2021, le conseil municipal sous la pression de certains élus a décidé d’examiner à nouveau le dossier de candidature de Sherbrooke.

Après des discussions avec le gouvernement du Québec et celui d’Ottawa, Sherbrooke a fait connaître ses exigences. Pas question de relancer sa candidature si le gouvernement provincial et le fédéral ne garantissent de défrayer tout dépassement des coûts. Sherbrooke a revu aussi à la baisse sa contribution qui est passée de 8.5 à 5.5 millions $.

Pour sa part, le gouvernement du Québec a fait savoir qu’il pourrait fournir une somme de 17 millions $. La contribution totale des niveaux municipal et provincial serait donc de 22.5 millions $, alors que le coût pour tenir les jeux à Sherbrooke a été évalué à 74 millions $, sans tenir compte d’une facture supplémentaire de 10 millions $ pour la sécurité.

Lorsque l’on compare l’offre financière de 10 millions $ du gouvernement du Nouveau-Brunswick avec celle de 17 millions $, du Québec on peut constater qu’elle est nettement supérieure au prorata de la population de ces deux provinces. Le Nouveau-Brunswick a 11 fois moins d’habitants que le Québec. De plus, la situation financière du Québec est beaucoup plus saine que celle du Nouveau-Brunswick.

On peut constater que le Québec, tout comme le Nouveau-Brunswick, n’est pas disposé à être le prochain hôte des Jeux de la Francophonie à tout prix. Pour sa part, le fédéral ne cesse de répéter sur toutes les tribunes sa formule de financement d’événements sportifs. Pour chaque dollar versé par le municipal et le provincial, il versera le même montant.

L’Organisation internationale de la Francophonie devra sérieusement revoir le travail de son Comité d’orientation des jeux. Ce comité est chargé tous les quatre ans suivant la tenue d’une édition des jeux d’évaluer l’édition précédente des Jeux de la Francophonie et d’examiner le cahier des charges ainsi que le budget conventionnel de la prochaine édition des jeux.

Étant donné que les derniers jeux, qui se sont tenus à Abidjan, avaient coûté 50 millions $, comment le Comité d’orientation a-t-il pu évaluer les jeux de 2021 à 17 millions $?

Voilà un mystère à résoudre!