Pas juste une histoire de sirop et de cowboys

Les années ont beau s’accumuler, il y a encore beaucoup de choses qui forcent mon admiration dans le microcosme sportif. Et parmi ces choses, le talent vient évidemment au premier rang.

Chaque année, je découvre avec bonheur, comme vous tous, les nouveaux joyaux de notre paysage sportif. Dans les 12 derniers mois, vous avez comme moi découvert le hockeyeur Lukas Cormier, de Sainte-Marie-de-Kent, la boxeuse Charlie Cavanagh et la coureuse Erin Vringer, de Saint-Jean, et tout récemment le médaillé d’or des Jeux d’hiver du Canada, Isaiah Haya, de Quispamsis, lui aussi boxeur.

Mais après le talent individuel, je dois vous avouer que j’ai un faible pour les endroits qui parviennent à développer des athlètes de premier plan dans de multiples sports. Plus ces localités sont petites, plus je suis impressionné.

Prenons Saint-Quentin par exemple.

Pour le commun des mortels, cette petite ville d’un peu plus de 2000 habitants est vue comme étant la capitale de l’érable en Atlantique. Elle est aussi le théâtre du plus important Festival western des Maritimes, bien épaulée il faut le dire par son populaire rodéo.

Mais en y regardant de plus près, on découvre assez rapidement que Saint-Quentin possède un secret qui la rend vraiment singulière. Ainsi, les Saint-Quentinois ont le don de produire des athlètes en quantité industrielle. Et tout semble indiquer que sa source est intarissable.

Paul Banville – Archives

À Saint-Quentin, messieurs-dames, les athlètes poussent comme des champignons dans une terre à bois parsemée de conifères et de feuillus. Et à ce jour, on ignore encore comment ils font pour en produire autant. C’est pas mal plus compliqué que le sirop, mettons.

Est-ce qu’un savant local a réussi à inventer une potion magique qu’on donne à boire à chaque nouveau-né? Est-ce que l’eau d’érable de Saint-Quentin a des vertus que l’eau du reste de la province n’a pas? Les habitants de Saint-Quentin sont-ils des extraterrestres?

Nous n’en savons rien. C’est fâchant parce que c’est une recette que bien d’autres endroits adopteraient sur le champ.

Ce que nous savons, par contre, c’est qu’il n’y a aucune autre ville néo-brunswickoise qui peut se vanter d’avoir une triple olympienne comme Milaine Thériault. Et je ne vous parle pas du fait qu’elle a duré 12 saisons sur le circuit de la Coupe du monde de ski de fond. Disons que le jeune Jeffrey Labrecque, actuellement à Red Deer, a des croûtes à manger avant d’égaler la reine Milaine.

Aussi, quelle autre localité de la province à part Saint-Quentin a le luxe d’avoir une représentante dans la Ligue nationale de hockey féminin? Coucou Kim Deschênes!

Kim Deschênes – Archives

Et mis à part peut-être le village de Grande-Digue avec Sylvio Bourque, quelle autre municipalité peut compter sur un champion mondial du tir au poignet comme le regretté Paul Banville?

Nommez-moi une autre place dans la province qui a produit autant de judokas de premier plan que Saint-Quentin? Je vous nomme Myriam Lamarche et Ariane Levesque, mais je pourrais aussi bien donner les noms d’Audrey Caron, Myriam Fortin, Cynthia Blanchette, Pamela Lamarche, Pascale Castonguay, Nadine Perron, Sissi Caron, Valérie Cyr, Jérémie Lepage, Magalie Paquet, etc. Je m’arrête là parce qu’il n’y a pas assez d’un tatami pour tous les regrouper. Un kimono à Saint-Quentin, c’est aussi fréquent qu’un tuxedo aux Oscars.

Myriam Lamarche en 2003 à Campbellton, lors des Jeux du Canada. – Archives

Saint-Quentin, c’est aussi l’endroit où a grandi pendant quelques années le regretté boxeur David Whittom, de même que la cycliste d’exception Julie Bélanger.

Et tandis que je vous parle de sports de combat, savez-vous que le champion de l’Est canadien en arts martiaux mixtes Rémi Fortin et le non moins talentueux Zacky Michaud sont eux aussi originaires de Saint-Quentin?

Et pour terminer, vous vous doutiez sans doute que Kim Deschênes est bien loin d’être seule à avoir appris l’ABC de notre sport national dans l’aréna local. Vous pouvez aussi ajouter à cette liste les Jean-Eudes Thériault, Raymond Durepos, René Lévesque, Mathieu Labrie, Kristine Labrie, Ian Delange, Michel Querry, Samuel Castonguay, Jean-Rock Thériault, Eddie Banville, Pascal Valcourt, Isaak Pelletier et Alexis Dubé. Tous ces hockeyeurs ont évolué soit à l’Université de Moncton, dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec ou encore dans la Ligue de hockey des Maritimes.

Mathieu Labrie en 2011, lors de son passage avec les Aigles Bleus de l’Université de Moncton. – Archives

J’oublie probablement certains athlètes importants de la municipalité, particulièrement chez les plus anciens, mais je crois bien que vous avez compris où je voulais en venir avec cette drôle de chronique.

Vous avez compris que Saint-Quentin, c’est pas seulement une histoire de sirop et de cowboys.