Manifester

Ici même, à Terre-Neuve, il y a quelques semaines, un de mes fils et sa femme sont allés participer à une manifestation pro-diversité culturelle pour contrer une autre manifestation anti-immigration organisée par les Gilets jaunes.

Jamais je n’aurais cru qu’un membre de ma famille se sentirait concerné par le racisme et l’exclusion, chez lui, au point de se retrouver sur le trottoir avec une pancarte disant «je suis issu d’une famille d’immigrants, et j’en suis fier»!

On ne peut pas dire que ces deux manifestations aient eu de l’ampleur. Mon fils, sa femme et ses amis étaient une douzaine et il y avait un (oui, 1) gilet jaune. Ce dernier s’est approché du groupe, on lui a offert des bonbons et il est parti sans dire un mot. Jusque-là, c’est drôle.

e qui l’est moins c’est que quelques heures plus tard, sur les réseaux sociaux, les Gilets jaunes rapportaient que leur acolyte, «craignant pour sa sécurité, s’était réfugié dans sa voiture avant de quitter les lieux.»

Et c’est comme ça que ça commence. Avec ce genre de faussetés. Tout comme ces Gilets jaunes qui sont venus à Ottawa supposément manifester en faveur des oléoducs mais qui, tant qu’à être là, se sont «lâchés» sur les dangers de l’immigration, affichant ainsi leur xénophobie, leur racisme et leur haine envers le chef de notre gouvernement et ses politiques.

Et qu’on ne me dise pas que le mouvement des Gilets jaunes ne veut pas de ce genre de personnes dans ses rangs! Quand un groupe, peu importe lequel, base son action uniquement sur la colère et le ressentiment – envers l’État, les politiciens, le système, la finance, le prix de l’essence, les impôts, les plus riches, les plus instruits et j’en passe – il est évident que ceux et celles qui haïssent la différence et les autres, se sentent également attirés.

Et quand, dans une manifestation, tous les coléreux sont les bienvenus, il ne faut pas se surprendre de voir des débordements.

Nous vivons une époque affligeante que beaucoup d’entre nous avions cru révolue, celle de l’intolérance, de l’ignorance, de la discrimination raciale et de la bigoterie. S’il y a un endroit où ces pulsions devraient faire peur, c’est bien en Acadie.