Pas de mariage de sitôt

Il y a de ces débats qui reviennent constamment dans l’actualité sans jamais vraiment aller nulle part, comme l’union des Provinces maritimes, la privatisation d’Alcool NB ou l’augmentation du salaire des députés.

La fusion du Nouveau Parti démocratique et du Parti vert en est un autre qui a refait surface une fois de plus cette semaine dans le sillage du renvoi par ses membres de la chef du NPD, Jennifer McKenzie.

Cette fois-ci, c’est l’ancien député néo-démocrate fédéral Yvon Godin qui a ressorti l’idée des boules à mites alors que la branche provinciale de son parti est à la recherche de son sixième chef en 15 ans.

À première vue, l’idée semble tomber sous le sens. Chacun de leur côté, les néo-démocrates et les verts divisent le vote de gauche et réduisent leurs chances de faire entendre une voix plus progressiste à Fredericton. Leurs positions sont généralement tellement similaires qu’il est difficile, voire impossible, de les distinguer.

Les raisons pour lesquelles cette fusion n’est pas sur le point d’arriver sont cependant nombreuses et ont beaucoup de poids. Tout d’abord, ces partis ne se considèrent pas du tout comme semblables. Jennifer McKenzie affirmait encore cette semaine que les verts ne sont pas véritablement de gauche parce qu’ils sont trop individualistes. Le chef du Parti vert, David Coon, accuse quant à lui le NPD d’être trop centralisateur alors que les verts prônent l’autonomie des communautés.

Ces préoccupations idéologiques et hautement théoriques passent sans aucun doute 10 000 pieds au-dessus de la tête de la majorité des électeurs, mais il s’agit tout de même d’un obstacle majeur à une fusion.

La principale raison pour laquelle le Parti vert et le NPD ne sont pas sur le point de se marier réside toutefois dans le fait que les verts n’auraient absolument rien à y gagner ces temps-ci. Avec trois députés, les verts ont le vent dans les voiles au Nouveau-Brunswick alors que les néo-démocrates luttent pour leur survie.