Que le vrai Dominic Cardy se lève!

Avec son toupet à la Tintin et son allure de boy scout, Dominic Cardy saura-t-il mériter la confiance de la communauté acadienne en tant que ministre de l’Éducation?

Grand champion de la permutation des extrêmes politiques, il a su en moins d’un mois, en janvier 2017, passer de chef du Nouveau Parti démocratique à directeur de cabinet de Blaine Higgs. Seules une surdose d’opportunisme et une ambition exagérée à faire de la politique peuvent mener une personne vers un tel cheminement! Les néo-démocrates qui l’ont côtoyé ne peuvent simplement pas le blairer. On l’accuse d’avoir détruit le parti et, en le ramenant vers le centre, d’avoir laissé au Parti vert toute la place qu’il a si brillamment su prendre. Il a au moins le mérite d’être persistant puisqu’il lui aura fallu quatre tentatives et deux partis politiques pour finalement faire son entrée à l’Assemblée législative.

Il passe son enfance et sa jeunesse à Fredericton où il manifeste par son engagement un intérêt à la chose politique et en se trouvant toujours pour l’essentiel du côté progressiste des enjeux politiques. Il en a surpris plusieurs en abandonnant la direction du NPD et, quelques semaines plus tard, en devenant le principal conseiller de Higgs.

Le choc est d’autant plus grand chez les conservateurs que leurs députés acceptaient mal l’arrivée de Higgs à leur tête. La présence de Cardy chez les bleus n’a rien fait pour rassurer la députation. Certains le voyaient comme un intrus, d’autres comme un opportuniste très peu utile à leur cause. D’autant plus que Cardy emmène avec lui le flamboyant Kelly Lamrock ancien libéral, devenu NPD et ensuite conservateur. Encore ici, les qu’en-dira-t-on de la capitale provinciale nous jurent que c’est Lamrock qui aurait écrit le discours du Trône des conservateurs.

Les francophones de la province seront nombreux à se méfier de lui après sa nomination à l’Éducation puisqu’il fut le premier à remettre en question la dualité dans le transport scolaire quand il était chez les néo-démocrates.

En regardant de plus près ses agissements depuis son accession au cabinet, on peut s’interroger sur plusieurs choses. D’abord, la rumeur politique le place en connivence avec Ted Flemming dans une tentative à peine voilée de remplacer le chef du parti juste après l’élection de septembre.

Ensuite, il prend toutes les allures d’un populiste quand il parle de conspiration communiste et annule le programme Confucius. Il expose ainsi la province a beaucoup de risques quand on pense que l’Université du Nouveau-Brunswick ne survit qu’en raison de son important nombre d’étudiants chinois, et de la flambée des prix du homard en raison de l’engouement des Chinois pour ce crustacé. Cette semaine, il en rajoute quand, pour la énième fois, il parle de ramener l’immersion à la troisième année. Voudrait-il ici offrir à son copain Lamrock une douce vengeance sur les gouvernements précédents?

En conclusion, Cardy a toute l’allure d’un opportuniste qui aime tellement le pouvoir, qu’il faut comprendre qu’il est prêt à tout faire pour devenir le vrai patron. C’est à suivre!