Le fruit de l’expérience

La Fédération des communautés francophones et acadienne (la FCFA comme on l’appelle plus simplement) est l’organisme qui représente nos intérêts sur la scène nationale. Cette semaine, elle vient de soumettre, en notre nom, ses suggestions pour un remaniement en profondeur de la Loi sur les langues officielles.

En fait, ce n’est pas des suggestions qu’elle a soumises, mais la Loi elle-même, complètement retravaillée de «A à Z», comme l’a souligné Jean Johnson, son président. Un service «clé en main» en quelque sorte. Comme aurait dit Alphonse Allais, «on sent l’expérience!». En effet, si les longues années de lutte que nous avons vécues nous ont appris quelque chose, c’est bien qu’entre des suggestions de modifications à une loi et la rédaction de ses nouveaux articles… il y a souvent un gouffre dans lequel disparaissent les vraies revendications avec toutes leurs nuances. Alors, cette fois, la FCFA a confié à des juristes la tâche de tout reprendre du début.

Je ne rentrerai pas dans les détails de cette révision de la loi, mais on y trouve tout ce que les autres organismes et des centaines d’individus, comme moi, sont allés dire devant les divers comités du Parlement qui ont étudié la question. Lors de ma comparution, j’ai été frappée par le fait que nous insistions tous sur les mêmes lacunes: une loi sans mordant, un Commissariat aux langues officielles inefficace (ça ne s’est pas amélioré!), etc. Le «projet de loi de la FCFA» reprend ces doléances et y apporte réponse. C’est une bonne chose!

Je salue, bien bas, notre organisme national pour cette contribution remarquable. Lorsque je suis tombée en francophonie canadienne, comme Obélix dans la marmite de potion magique, le prédécesseur de la FCFA (la Fédération des francophones hors Québec ou FFHQ) lançait une campagne «Les héritiers de Lord Durham» qui frappa les esprits de l’époque (le mien, pour sûr!) et galvanisa nos énergies. Avec ce projet de loi, tout beau, tout ficelé, la FCFA met encore une fois tout le monde au pied du mur. À 6 mois des élections fédérales, nous avons, chacun d’entre nous, la responsabilité de nous assurer que ce travail remarquable porte fruit.