Le top-3 des prouesses néo-brunswickoises

J’étais fortement grippé ces derniers jours. Vous savez, le genre de grippe d’homme, dont les femmes nous accusent d’exagérer un tantinet sa violence. C’est ma deuxième cet hiver. C’est vous dire comment j’ai hâte que l’or blanc sacre son camp.

Et même si j’étais la plupart du temps au lit en tentant de trouver le sommeil, j’avais à mes côtés un calepin et une plume au cas où il me viendrait des idées. C’est ainsi que de temps à autre, quand l’inspiration se pointait, je gribouillais le nom d’un(e) athlète néo-brunswickois(e) qui avait réalisé un grand exploit. Au total, j’ai rassemblé plus d’une vingtaine de noms.

Je précise tout de suite que l’exploit n’est pas nécessairement une victoire ou une performance hautement médiatisée. Je vise plutôt des prouesses qui ne seront probablement pas battues de notre vivant à tous.

Mais avant de vous livrer mon top-3, je vous signale que j’ai laissé de côté plusieurs candidats et candidates qui seraient possiblement dans votre liste à vous. L’étendue d’un exploit, ça dépend de l’oeil qui le regarde.

Ainsi, j’ai rejeté les 66 buts et 130 points en une saison d’Andrew McKim avec les Olympiques de Hull en 1989-1990, les 590 minutes de pénalités en une saison d’Andy Bezeau dans la défunte Ligue internationale en 1995-1996, les cinq participations aux Jeux paralympiques du basketteur en fauteuil roulant Dave Durepos, les 1566 matchs chez les professionnels du hockeyeur Guy Dupuis, les 10 records canadiens en l’espace d’un an de Patty Blanchard et les trois mises au tapis d’Yvon Durelle dans une ronde aux dépens du champion mondial Archie Moore. Il y en a d’autres, mais vous avez au moins une bonne idée du sérieux de mon initiative.

Voici donc mon top-3 en ordre croissant.

En troisième position, je place les 23 circuits comme frappeur suppléant de Matt Stairs, de Saint-Jean. Il s’agit d’ailleurs d’un record du Baseball majeur.

Je ne sais pas pour vous, mais il faut avoir des nerfs d’acier pour frapper autant de longues balles contre les spécialistes de la neuvième manche de chaque équipe.

Matt Stairs – Archives

La deuxième position appartient au jockey Ron Turcotte, de Grand-Sault. Cette Triple Couronne réalisée en 1974 se veut à tout le moins le plus grand exploit sportif dans l’histoire de la province.

Ron Turcotte sur Secretariat en 1973. – Archives

Analyser ça comme vous le voulez, les chances de revoir un Néo-Brunswickois s’asseoir les fesses sur un cheval de la trempe de Secretariat sont aussi minces que de voir votre animal domestique soulever 200 livres d’une seule patte.

Et en première position, je place les 172 rondes de boxe disputées par Eddie Connolly entre le 16 janvier et le 15 décembre 1899.

Vous avez bien lu, 172 rondes dans une seule année. C’est 41 rondes de plus que la marque personnelle d’Yvon Durelle en 1954. Le pugiliste de Baie-Sainte-Anne avait livré pas moins de 131 rondes de boxe cette année-là, ce qui est déjà démesuré à comparer à nos jours.

Ed Connoly – Archives

Si vous demandez aux boxeurs d’aujourd’hui ce qu’ils pensent d’un tel régime, il y a des chances que certains vous répondront qu’il y a des façons plus faciles et moins douloureuses de changer l’esthétique de son visage.

Essayez juste de vous imaginer le nombre de coups dans la gueule que Connolly a dû encaisser dans cette seule année. D’autant plus qu’en 1900, le boxeur de Saint-Jean en a livré 126 autres, ce qui fait 298 rondes de boxe en seulement deux ans. À titre comparatif, le Canadien Arturo Gatti, qui s’était fait une spécialité de livrer de longs et furieux combats, a totalisé 253 rondes de boxe en 17 ans de carrière.

Ce n’est donc pas pour rien que Connolly était déjà un boxeur fini à 27 ans.

Tout de même, le 5 juin 1900 à Brooklyn, Connolly a trouvé le moyen de devenir champion mondial des mi-moyens (poids welters) en défaisant son grand rival Matty Matthews, contre qui il livrera quatre duels et 89 rondes de boxe. Connolly conservera son titre 70 jours avant de le perdre dès sa première défense le 13 août à Buffalo face à Rube Ferns.

Aussi modeste que fût son règne, ça n’empêche pas qu’il est à ce jour le seul boxeur du Nouveau-Brunswick à avoir détenu une couronne mondiale chez les professionnels.