La poudrière des foyers de soins: premier test de Blaine Higgs

Blaine Higgs l’a eu facile depuis qu’il a chassé Brian Gallant du pouvoir, au début novembre. Avec la grogne qui monte dans les foyers de soins, il risque maintenant de faire face à son premier vrai test.

Comme on l’a vu ces derniers jours, ça brasse de plus en plus dans ce milieu.

Les syndiqués de 46 établissements de la province ont voté en faveur d’un mandat de grève jeudi dernier, puis ont déposé un avis de débrayage samedi.

Des dizaines de foyers auraient pu être paralysés dès dimanche, mais le gouvernement s’est tourné vers les tribunaux à la dernière minute. Cela lui a permis d’obtenir un sursis de 10 jours. Sans surprise, cette tactique a mis le syndicat en beau joual vert.

Les progressistes-conservateurs se retrouvent aujourd’hui avec un sacré casse-tête. À leur décharge, mentionnons qu’ils en ont hérité des libéraux de Brian Gallant.

D’un côté, les travailleurs des foyers de soins demandent plus d’argent. Ils s’impatientent et montent le ton.

Si le gouvernement maintient la ligne dure face à leurs demandes, il risquera de devoir régler un conflit de travail explosif qui aura des conséquences réelles sur les résidents des foyers de soins.

Il devra alors gérer une pression écrasante provenant des aînés et de leurs proches. Si cela se produit, on peut se demander pendant combien de temps la People’s Alliance continuera de l’appuyer.

Si le gouvernement emprunte une autre voie et qu’il accepte de dépenser davantage pour améliorer les conditions de travail des quelque
4100 travailleurs des foyers de soins, il risquera de mettre en péril le sacro-saint équilibre budgétaire auquel il tient tant.

Cela donnera aussi de l’espoir aux autres syndicats, qui auront en main un exemple de moyens de pression qui ont porté leurs fruits.

Blaine Higgs acceptera-t-il de marcher sur son orgueil pour éviter une crise majeure ou gardera-t-il le cap coûte que coûte?