Un commissaire aux langues officielles anglophone

C’est à l’occasion de l’adoption d’une nouvelle loi sur les langues officielles, en 2002, qu’un poste de commissaire a été créé. Nommé maintenant pour un mandat de sept ans non renouvelable, le commissaire aux langues officielles est un agent de l’Assemblée législative du Nouveau-Brunswick.

Un comité indépendant est chargé de recevoir les candidatures à la suite d’un concours public. Il dresse une liste de candidats compétents qu’il remet au lieutenant-gouverneur en conseil, c’est-à-dire le gouvernement. Après consultation avec les chefs de partis représentés en Chambre et le chef de l’opposition officielle, le premier ministre soumet une candidature sur laquelle l’ensemble des députés se prononceront.

La loi donne deux principaux rôles au commissaire aux langues officielles. Le premier est «d’enquêter, de présenter des rapports et de faire des recommandations visant le respect de la présente loi». Le second est «de promouvoir l’avancement des deux langues officielles dans la province».

Sans vouloir minimiser le premier rôle qui est fondamental, il faudrait que le prochain commissaire puisse sillonner la province afin de promouvoir l’avancement de nos deux langues officielles. Il n’est pas acceptable, après cinquante ans, que le bilinguisme soit surtout l’affaire des francophones. Un travail pédagogique doit être fait auprès de la communauté anglophone pour la convaincre de l’importance du bilinguisme.

Un commissaire anglophone parfaitement bilingue et très bon communicateur serait un atout.

Lorsque le Parlement canadien a adopté, en 1969, la loi fédérale sur les langues officielles, un poste de commissaire a été créé à ce moment. Quatre des sept commissaires ayant occupé ce poste ont été des anglophones. Le premier commissaire, Keith Spicer, natif de Toronto, issu d’une famille unilingue anglophone et parfaitement bilingue, a jeté les fondations du commissariat aux langues officielles.

La loi sur les langues officielles, adoptée pour la première fois en 1969, ne devrait pas être uniquement l’affaire des francophones. Il y a beaucoup de travail à accomplir afin de convaincre les anglophones de la province que le bilinguisme est un avantage et non un fardeau.

Depuis la création du poste de commissaire aux langues officielles en 2002, deux francophones ont occupé cette fonction. À l’occasion du cinquantième anniversaire de l’adoption de la première loi sur les langues officielles, en 1969, il serait tout à fait approprié que le titulaire du poste de commissaire aux langues officielles soit pour une première fois un anglophone parfaitement bilingue.

Le Nouveau-Brunswick est la seule province officiellement bilingue au pays. Toutefois, la fonction publique provinciale fonctionne essentiellement en anglais. Il n’est pas nécessaire de maîtriser les deux langues officielles pour occuper un poste de haut fonctionnaire. La place du français est reléguée trop souvent au second rang à l’Assemblée législative.

Nous devrions connaître d’ici la fin des travaux de l’Assemblé législative ce printemps le nom du prochain commissaire aux langues officielles. Souhaitons que celui-ci ait les qualités nécessaires pour faire avancer le bilinguisme dans cette province.
Après cinquante ans, il faut passer de la parole aux actes.