De Paquetville à Saint-Paul, même combat

J’ai toujours eu un faible pour Paquetville. Après tout c’est là où est né mon père, qu’il a rencontré ma mère et que le couple a vu naître ses premiers enfants.

J’ai eu le privilège de représenter cette communauté en tant que député et laissez-moi vous dire qu’elle se compare avantageusement à tous les autres lieux qu’il me fut donné de connaître au cours de ma carrière.

D’abord, parlons de sa population dont les plus grandes qualités se situent au niveau de leur fierté, de leur accueil et surtout du dynamisme qu’ils mettent à développer leur communauté. Contrairement à plusieurs communautés rurales de la province, Paquetville par la vision de ses élus et par l’énergie de sa communauté d’affaires réussit à maintenir et même augmenter sa population.

Si vous ne le savez pas déjà, vous avez à Paquetville une liste de restaurants dont la carte ferait honte à plusieurs cités de notre province. Passez à travers le village un de ces samedis soirs, vous en serez surpris! Les prochaines semaines seront fébriles au pays d’Édith Butler car avec le temps des sucres qui approche, vous verrez toute la péninsule acadienne s’y diriger pour s’y sucrer le bec.

Si je vous parle de Paquetville, c’est que la semaine dernière son jeune et dynamique maire Luc Robichaud, a fait une sortie courageuse sur les médias sociaux pour dénoncer ceux qui se cachent derrière leur portable pour tenir des propos racistes, haineux et faux sur les immigrants.

Le maire, venait d’expliquer dans une entrevue à notre quotidien, les efforts que lui et son conseil déploient pour attirer à Paquetville de nouveaux arrivants. Il n’en fallait donc pas plus pour que la toile nous expose ce qu’elle a de moins beau à montrer. En réagissant, le maire démontre deux choses; d’abord qu’il ne tolérera pas les conneries, ensuite qu’il s’inscrit dans une nouvelle génération de leaders municipaux qui trouvent moyen de redonner à nos communautés rurales un brin de pertinence et beaucoup d’espoir.

Il a compris que depuis près d’une génération, notre province ne réussit pas à régénérer sa population et que seule l’attraction de nouveaux résidents parviendra à changer la donne. Il aurait pu ajouter que le succès retentissant de la Salaison Gauvin à Paquetville dans les années 1960, fut dû en grande partie à l’ouverture d’esprit de son fondateur Gérard Gauvin qui n’a pas hésité à faire appel à un immigrant allemand, Martin Johanns, pour donner à son entreprise l’essor qu’elle connaîtra par la suite.

Pour parler de développement rural, il faut également mentionner Marc Henri, celui qui mène à sa façon un combat similaire pour assurer à son village, Saint-Paul dans le comté de Kent un avenir prometteur et cela dans la langue de ses habitants. J’ai encore beaucoup de difficultés à comprendre pourquoi les gouvernements qui se succèdent s’acharnent à ne pas rouvrir l’école dont la communauté est si fière.

Rayon de soleil dans un ciel qui trop souvent paraît noir, les jeunes leaders de la trempe de Robichaud et Henri représentent ce que nous avons de meilleur. Appuyons-les!