La paix syndicale

Le Nouveau-Brunswick connaît une relative paix syndicale dans le secteur public depuis plusieurs années.

Cette tranquillité s’explique probablement en partie par la notion collective ancrée en chacun de nous voulant que la province soit dans le fond du baril économique. À quoi bon faire la grève quand on sait que les coffres de l’employeur sont vides? Ne devrait-on pas plutôt s’estimer heureux d’avoir un emploi alors que le taux de chômage dépassent souvent les 10%?

La paix syndicale a toutefois l’air d’avoir fait son temps du côté des travailleurs des foyers de soins. Vingt-huit mois après la fin de leur convention collective, les syndiqués sont gonflés à bloc et semblent prêts à faire la grève dès que les tribunaux leur en laisseront la chance.

Les libéraux aiment rappeler ces jours-ci que lorsqu’ils étaient au pouvoir, ils ont réussi à ratifier 25 conventions collectives avec différents groupes du secteur public. Dans la plupart des cas, les syndiqués ont accepté des hausses salariales de 1% par année.

C’est aussi l’offre que les libéraux ont faite aux travailleurs des foyers de soins et qu’ils ont refusée. Ils réclament plutôt 5% par année.

Le casse-tête pour le gouvernement de Blaine Higgs est immense. En rompant avec la tradition du 1% pour un groupe de syndiqués, les progressistes-conservateurs ouvriraient à coup sûr la porte à des attentes similaires pour les autres travailleurs de la fonction publique, en commençant par ceux qui s’acquittent à peu près des mêmes tâches dans les hôpitaux.

D’autres éléments rendent toutefois le 1% de plus en plus difficile à justifier comme le vieillissement de la population, la pénurie généralisée de main-d’oeuvre et la baisse du taux de chômage.

La nouvelle loi qui lie l’augmentation du salaire minimum au taux d’inflation (2,13% de hausse le 1er avril) rend aussi la tâche délicate pour un gouvernement qui veut offrir moins à ses propres employés.

La paix syndicale est peut-être bel et bien terminée au Nouveau-Brunswick.