Kevin Vickers n’est pas un orateur né, mais est-ce grave?

Kevin Vickers a fait le grand saut, vendredi, à Miramichi. L’ex-ambassadeur du Canada en Irlande a officiellement annoncé qu’il souhaite succéder à Brian Gallant à la tête du Parti libéral du Nouveau-Brunswick.

Le lancement de sa campagne a donné le ton et a démontré qu’une bonne partie de l’establishment libéral veut qu’il prenne les commandes.

Dix députés provinciaux, un ex-premier ministre, un député fédéral et une ancienne lieutenante-gouverneure ont assisté à l’événement. Il y avait de la grosse pointure libérale au pied carré.

L’annonce était réglée au quart de tour et a démontré que ce candidat vedette est déjà clairement bien entouré et conseillé. Cérémonie autochtone, danse irlandaise, hymne national chanté dans les deux langues; tout y était.

Le seul bémol que j’ai noté – et ce n’est pas le moindre – est que Kevin Vickers ne semble vraiment pas être un grand orateur. Cela m’a frappé lorsqu’il a lu son discours d’une vingtaine de minutes.

Mon premier réflexe a été de me dire que cela risque de lui causer des ennuis. Mais plus j’y pense, plus je me dis «ouin, pis?»

Blaine Higgs est un orateur soporifique. Brian Gallant n’était pas beaucoup mieux, même s’il avait fait des progrès au fil des années. David Alward était lui aussi plutôt endormant.

Cela ne les a pas empêchés de se hisser au sommet de leur parti et de diriger la province. Ils ont tous été défaits après un mandat, me direz-vous, mais je pense qu’on peut s’entendre sur le fait que leur chute a été précipitée par d’autres facteurs.

Il me semble que ce qui compte plus que l’aptitude d’un politicien à livrer un discours, c’est sa capacité de créer liens avec les gens, de leur parler face à face.

Et Kevin Vickers semble bien se débrouiller à ce chapitre, du moins si je me fie à ce que j’ai vu vendredi à Miramichi.

D’autant plus qu’avec la célébrité dont il jouit et son statut de héros national, il a en mains des atouts qui devraient lui être utiles sur le terrain.