Comme un repas d’hôpital

Si les budgets se sont suivi cette semaine ils sont loin de se ressembler. D’abord celui d’Ottawa qui aurait dû faire sortir les libéraux du merdier de SNC Lavalin, peine encore à faire la manchette devant ce qui s’annonce de plus en plus comme une lutte sans merci entre Justin Trudeau et les deux ministres démissionnaires.

En dépit de ceci, on pourrait qualifier ce budget de bon budget, dans le sens où il s’inscrit dans une mouvance progressive, sans abus mais sans restrictions. C’est le budget de la continuité. On y retrouve un peu de tout, pour les ainés, pour les premiers propriétaires de maisons, ainsi que pour la formation continue.

On peut reprocher aux libéraux de ne pas s’occuper du déficit, mais si on se compare on se console, car le Canada se tire bien d’affaire dans le groupe du G20. En fait, c’est un budget compatible avec nos ressources et nos moyens, quand même raisonnable compte tenu du contexte électoral.

Mais pour le budget provincial, celui-ci me rappelle un repas d’hôpital! Pas trop riche, en nutriment, insipide et incolore. Il permettra de maintenir vivant les organes vitaux, mais sans plus. Il saura emmener le patient à la fin de la journée, malgré le fait que celui-ci soit resté sur son appétit.

Ce qui ressort de ce document c’est son absence totale, d’imagination et d’initiative. Ceci s’explique par le fait que les conservateurs traditionnellement, voient l’exercice budgétaire un peu comme les catholiques ont vu pendant des siècles le plaisir.

Car oui, chez les bleus les taxes sont un péché qu’il faut bannir, et un budget se doit d’être un exercice austère et lugubre, plutôt que l’outil par lequel on peut planifier l’avenir, définir nos priorités; bref bâtir une économie et une qualité de vie!

Le problème avec Blaine Higgs c’est qu’il a fait campagne sur la mauvaise gestion des libéraux et, selon lui, leur incapacité à bien gérer les finances publiques. Mais voilà, oh surprise, qu’il arrive au gouvernement en réalisant que les choses sont loin d’être si sombre.

En fait, les libéraux ont produit deux surplus consécutifs, les premiers depuis dix ans, et ont réussi à maintenir une croissance, peut-être faible, mais suffisante pour créer des emplois et augmenter les revenus de taxes. L’augmentation de la TVH, même si condamnée par les bleus, aura en grande partie réglé notre déficit structurel.

Autre problème pour les conservateurs c’est que leur chef, quelques mois passés, est parti en guerre contre la péréquation, condamnant celle-ci comme la peste alors qu’elle représente ici la seule raison du surplus conservateur.

Qui plus est, pour continuer de broyer du noir, Higgs tente de dire que les investissements en infrastructure sont inutiles, privant ainsi la province de centaines de millions de dollars en revenus fédérales et en activités économiques.

Pour plaire à sa base de droite, il coupe dans les programmes sociaux et ne parle aucunement d’immigration. Un peu comme nos ancêtres, il pense qu’il faut absolument souffrir pour aller au ciel.

Voyons donc monsieur Higgs!