Opacité budgétaire

Sans porter de jugement sur le contenu du premier budget du gouvernement de Blaine Higgs, on ne peut que constater que cet important exercice a été un désastre du côté des communications. Il y a bien sûr eu le cafouillage monumental de la route 11, mais ce n’est pas tout.

Peu après son arrivée au pouvoir, j’ai écrit au sujet de ce gouvernement qu’il faisait preuve d’une transparence rafraîchissante qui détonne avec ce à quoi on nous a habitués à Fredericton. Les membres du cabinet, le premier ministre en tête, pratiquent peu la langue de bois et préfèrent en général laisser le public se faire une tête sur leur décision sans user des artifices des relations publiques.

Pour l’essentiel, c’est encore vrai cinq mois plus tard, à une exception près: le budget.

Puisqu’un budget est avant tout un document comptable plutôt opaque et difficile à déchiffrer pour les profanes, les gouvernements fournissent en général suffisamment d’explication pour que le public puisse s’en faire une idée malgré tout dès sa sortie. Cela comprend notamment les compressions et autres «mauvaises nouvelles» qui ne sautent pas nécessairement aux yeux dans ce paquet de chiffres, mais qui sont tout de même importantes.

Ce n’est pas seulement par souci de transparence que les gouvernements partagent d’emblée ces informations déplaisantes. Annoncer soi-même une nouvelle vous permet plus facilement de contrôler le message, de minimiser les dommages et d’éviter les spéculations hasardeuses.

Malheureusement, les progressistes- conservateurs ont plutôt décidé de parler seulement des bonnes nouvelles, mardi. Pas un mot donc sur les compressions au Tourisme, sur le remaniement des dépenses au Développement social ou sur l’amputation de la moitié du budget du Conseil des femmes, etc.

Résultat? Les partis d’opposition n’ont pas manqué de remplir ce vide d’information avec leur propre interprétation des chiffres. Pour le reste, il faudra attendre aux prévisions budgétaires des ministères pour découvrir le fin fond de l’histoire.