Une victoire sans péril

Les dés semblent déjà jetés avant même que la course à la direction du Parti libéral du Nouveau-Brunswick ne commence. C’est entouré de membres du caucus libéral que Kevin Vickers a annoncé son intention d’être candidat à la succession de Brian Gallant comme le prochain chef des libéraux.

Deux personnes avaient manifesté leur intérêt pour devenir le prochain leader du Parti libéral. Le premier René Ephestion avait participé sans succès à la lutte pour devenir le président de la SANB. Les médias devaient révéler que celui-ci n’a pas la citoyenneté canadienne. Ne pouvant pas voter et se présenter comme candidat aux prochaines élections, René Ephestion sera rayé de la liste s’il n’est pas canadien d’ici peu.

Le second Gaétan Pelletier, un homme d’affaires de la région du Restigouche, s’est rapidement rallié à Kevin Vickers. Il estime qu’il partage les mêmes valeurs que l’ancien sergent d’armes de la Chambre des Communes.

Habituellement un congrès à la chefferie est un moment fort pour un parti politique. C’est l’occasion de mobiliser les militants et de confronter les idées des différents candidats. Comme l’engouement ne semble pas au rendez-vous, Kevin Vickers pourrait très bien se retrouver bien seul dans une course dont le résultat sera connu d’avance.

Le Parti libéral du Nouveau-Brunswick a connu beaucoup de succès électoraux au cours de son histoire et formé plusieurs gouvernements. Toutefois, ses leaders étaient depuis Louis J. Robichaud la plupart dans la trentaine. On peut penser à Frank McKenna, à Shawn Graham et Brian Gallant.

Les gouvernements libéraux ont gouverné tantôt au centre-gauche et à d’autres moments au centre-droit. Les deux premiers ministres les plus marquants, Louis J. Robichaud et Frank McKenna, ne partageaient pas la même philosophie politique. Le premier nous a donné le programme Chances égales pour tous alors que le second a gouverné la province davantage comme une entreprise privée. On peut se rappeler du slogan 1 800 McKenna qui invitait les gens d’affaires de partout de contacter directement le premier ministre pour discuter d’investissements au Nouveau-Brunswick.

Quelles sont les idées politiques de Kevin Vickers? Veut-il garder le gouvernail libéral au centre-gauche comme Brian Gallant ou amener le parti au centre-droit? Comme il risque d’être le seul candidat dans la course, il n’y a pas de débats de fonds qui s’annoncent à l’horizon.

Les progressistes-conservateurs de Blaine Higgs sont bien campés à droite alors que les verts de David Coon sont du côté gauche. Si les libéraux sous la direction de Kevin Vickers veulent garder le cap au centre-gauche, ils devront y batailler avec les verts et un parti NPD moribond.

Comme l’électorat anglophone du sud de la province est davantage à droite sur le plan de la philosophie politique, le Parti libéral aura fort à faire pour élire ses candidats dans cette région.

Si Kevin Vickers devait affronter Blaine Higgs lors des prochaines élections, nous aurions pour la première fois depuis très longtemps une lutte entre deux personnes dans la soixantaine.

Une bataille de sexagénaire s’annonce!